Psychopathologie de ma vie quotidienne…

… ou plutôt de mon écriture quotidienne.

Bon, outre que j’ai honteusement pompé le titre d’un bouquin de Freud, ça fait quelques temps qu’une question me taraude, depuis une discussion sur le forum Atramenta, en fait. La question est: pourquoi écrivé-je?

Je me plais à dire que si c’était d’abord une psychanalyse, c’est devenu avec le temps quelque chose que je partage, une activité qui me permet d’échanger avec les gens, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent.

Sauf que soyons honnête: ce que j’ai appelé jusqu’à maintenant “psychanalyse”, c’était une simple crise d’adolescence. Je ne veux pas dénigrer les textes que j’ai écrit à cette époque: ils font partie de moi, de mon “oeuvre” (c’est un bien grand mot mais je ne vois pas par quoi le remplacer), ils correspondent à une partie de ma vie. Mais la psycho thérapie a en fait commencé quand j’ai arrêté d’écrire sur moi et que je me suis mise à créer d’autres univers.

Ces univers, j’ai jusqu’à maintenant été incapable de les développer jusqu’au bout. Les intrigues qui y prenaient place, je les abandonnais en route, et mes personnages dépérissaient dans l’oubli le plus total.

Mon travail sur Demi-fée, à l’image de tous mes autres projets, a été sporadique, entre périodes frénétiques et longues semaines alanguies, à ne rien faire (c’est le cas en ce moment), généralement par découragement ou démotivation. Parce que oui, je suis la pro pour m’auto-flageller, me dire “rohnomdidju-c’est-super-nul-laisse-tomber”, ou encore “personne-n’en-voudra-de-toute-manière”… Je n’ai pas confiance en moi, c’est comme ça!

Et puis bon, à force de réfléchir à tout ça, je me suis demandé si la fantasy n’était pas un symptôme de quelque chose. S’il n’était pas temps, justement, de la faire, cette scribo-thérapie. Temps d’écrire sur moi, cette fois, et pour de vrai.  Car si je n’arrive pas à parachever une histoire, quelle qu’elle soit, c’est peut-être parce que je n’ai pas encore fermé le premier livre de ma vie – le tome 1, en quelque sorte.

Je dois admettre qu’en un peu plus de 21 ans d’existence, les choses ont été un peu agitées, jusqu’ici ; quiconque nous connais un peu, moi et mon histoire, vous le confirmera. J’ai bon espoir d’être entrée dans une phase plus stable et plus sereine, mais je ne pourrais pas le faire tant que je n’ai pas clos l’histoire précédente. C’est du moins ce que je crois.

Donc je vais continuer à travailler sur Demi-fée – parce que c’est devenu un de piliers de ma nouvelle vie, justement – mais je vais le faire en même en travaillant sur moi-même. Ca promet des instants mouvementés…

organisation or not organisation, zat is ze question.

Hier, j’ai fait mon grand ménage de printemps pour la toute première fois depuis que j’écris des (début de) romans, c’est à dire la première fois en six ans et demi. Ce n’était pas du luxe.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas quelqu’un de très bien organisée, je suis même tout le contraire. Le mot “bordélique a dû être inventé pour moi. Ceux qui ont lu les Mercy Thompson comprendront quand je dis que ma chambre est pire que la sienne.

Donc, après de multiples tentatives pour m’améliorer, j’ai renoncé. Ca y est, j’arrête d’essayer de plannifier mes romans à l’avance, de toute manière je n’y arrive pas, et puis je ne m’y tiens jamais. Exit, donc, les plans intégraux qui racontent tout de A à Z.

Par contre, je pense que l’organisation à court terme peut-être la solution à mes nombreuses hésitations et à mes blocages. Je m’explique: au début de chaque chapitre, je récapitule, pour chaque personnage, où il se trouve, ce qu’il a fait dernièrement, et quels sont les événements importants sur le plan psychologique. Cela me permet de me remémorer les noeuds dramatiques importants et donc de savoir ce que je dois dénouer – ou, au contraire, empirer.

J’ai fait ça ce matin dans le train pour mon chapitre 7. Ainsi je sais que je dois réussir à y caser:

- Un dialogue Aintza/Keitha

- Un dialogue Aintza/Navid

- Un petit tour du côté du Collège des Mages pour Aintza et Navid, où ils retrouveront Neilina, entrevue dans le chapitre 6.

- Un dialogue Aonghas/Hjalmar (en cours)

Sacré programme! D’ailleurs, il serait temps que je retourne écrire, non?

Grand ménage de printemps!

Aaaaaaah, le printemps, les oiseaux qui chantent, Paris qui pue encore plus à cause de la chaleur… Maiiiiis ne nous attardons pas sur ces points négatifs, today is the international smiling day! (parce que je viens de le décider, et ça devrait être comme ça tous les jours!)

De retour de vacances samedi dernier, j’ai bien profité de ma semaine à Brocéliande où les paysages sont magnifique, les gens adorables et la nourriture parfaite. Mon homme a pris quelques photos sympas qui arriveront bientôt (quand il aura récupéré Lightroom pour pouvoir les travailler) mais j’en ai mis une première en bannière sur ma page auteur. J’espère qu’elle vous plaît autant qu’à moi! ;)

En revenant comme le beau temps est là (même si c’est seulement par intermittence) et le printemps aussi (dixit le calendrier), j’ai décidé qu’il était temps de faire du tri dans mes multiples textes qui traînent dans les divers dossiers de mon disque dur externe.

C’est désormais chose faite avec onze projets intéressants dénombrés et huit mis de côté car sans consistance ou par simple désintérêt.

Parmi les lauréats du prix “Je te retravaillerais sans doute un jour”, on compte Prison, Censurat, Doarha no hana ou encore Déchues. Des textes tous très différents, qui m’ont été inspirés à diverses périodes de ma vie et qui prennent place dans des univers hétéroclites bien que tous assez sombres. Serais-je quelque peu cynique? C’est fort probable. En tout cas, il fauit que je me bouge le popotin si je ne veux pas laisser tout un coffre de textes inachevés lorsque je décéderai, riche, reconnue et plusieurs fois best-seller. (Oui, je rêve, et alors?)

Challenge 1000 mots, premier bilan

Une semaine après le lancement de ce Challenge 1000 mots, me voilà prête pour un premier bilan.

Avec une moyenne de 575 mots par jour, j’ai à peu près respecté l’engagement que j’avais contracté. Mon avancée a été assez irrégulière: 193 mots seulement pour le jour où j’ai le moins écrit, 1014 pour le plus prolifique. Mais j’ai néanmoins écrit tous les jours (ce qui n’était pas gagné, quand on me connait) et c’est déjà une fierté!

J’ai eu l’occasion de confronter mon expérience à celle des autres participants (notamment celle de Julien, qui a déjà fait un bilan) et c’est intéressant de voir que nous avons tous des passages à vide, plus ou moins difficiles à surmonter.

L’expérience la plus marquante reste quand même que j’ai posé mon premier point final. Je ne pensais vraiment pas que ça me mettrait dans un état pareil, et pourtant si! J’avais le cœur qui battait à cent à l’heure, les mains qui tremblaient, et une furieuse envie de trouver autre chose à faire d’écrire, genre lire le tome 4 de Mercy Thompson.

Mais j’ai été vaillante et brave, et je l’ai fait. J’ai fini ma nouvelle (qui s’appelle toujours Arimaspes pour l’instant, espérons que mes bêtas auront de meilleures idées que moi) et je l’ai envoyée en bêta-lecture dans la foulée. J’ai eu la tentation de ne pas le faire tout de suite, mais je me suis rendu compte que je risquai de tout effacer tellement j’ai l’impression que la fin manque d’intensité dramatique, alors je n’ai pas retardé l’échéance.

Finalement, les deux retours j’ai eu pour le moment sont positifs. Quelques petits éléments à retravailler pour une meilleure compréhension, et beaucoup de questions de la part de la pétillante Maureen qui est décidément d’une curiosité insatiable (mais je ne peux pas lui en vouloir, je suis pareil), mais ces interrogations me rassurent car j’ai volontairement tenté de créer une atmosphère mystérieuse. Pari plutôt réussi de ce côté.

Je me retrouve donc un peu désœuvrée… Mais cela profitera à Demi-fée, qui sera mon texte pour la seconde partie de ce Challenge!

La complainte du Babywriter

Comme vous le savez, je suis en plein Challenge 1000 mots en ce moment, et j’approche donc dangereusement de la fin de ma nouvelle pour l’AT des Editions Sharon Kena.

Pratiquement 90% de la nouvelle écrite, des retours positifs des bêta-lecteurs (quelques remarques mais ils n’ont pas encore eu la version finale, en tout cas l’histoire, les personnages et le style leur plaisent!) et le dénouement déjà planifié (depuis longtemps), que demande le peuple, me direz-vous?

Eh bien le peuple (se) demande si c’est normal de faire un blocage à ce stade-là. Parce que, voyez-vous, ce joli point final qui se profile à l’horizon sera le premier de toute ma “carrière” d’écrivain émergent. Bien sûr, j’ai déjà écrit quelques textes qui n’ont pas de suite et qui se suffisent à eux même, comme celui-ci ou bien celui-là. Mais jamais, au grand jamais, je n’ai fini un texte en ayant conscience qu’il serait ainsi “complet”. Les exemples précités n’entraient dans le cadre d’aucun projet, ce sont seulement des orphelins qui, peut-être un jour, évolueront. Ou peut-être pas.

Arimaspes (titre provisoire) serait ainsi ma première oeuvre parachevée. J’ai un peu la pression, là.

Alors je me demande: est-ce que j’essaye de retarder l’échéance? Je sais que ce texte n’est absolument pas celui que j’avais rêvé. A vrai dire, en comparaison de ce que j’ai en tête, c’est une bouse finie. Mais bon, il en ira de même pour tout ce que j’écrirai, donc… Ou alors est-ce que j’ai peur de le laisser partir? Parce quand ce point final sera posé, il prendra son envol, et je n’aurais plus qu’à le soutenir, quoi qu’il advienne de lui…

Pfiou, c’est stressant, d’être auteur.

Pour info: “babywriter” est un terme que j’ai inventé aujourd’hui, pour désigner tous les auteurs qui n’ont fini aucun texte.

A qui envoyer votre manuscrit?

Il y a deux jours, sur l’un des groupes Facebook auxquels j’adhère, une jeune femme demandait conseil concernant le choix des éditeurs à qui envoyer le manuscrit de son premier roman.

L’un des adhérents du groupe lui a fait cette magnifique réponse:
“L’objectif étant de vendre, tu envoies ton manuscrit aux 15/20 plus grands. S’ils ne publient pas, ben c’est que c’est pas vendable. Et que tu t’es fait plaisir, ce qui est déjà bien.”

Non mais qu’est-ce que c’est que cette connerie?! S’il y a des gens pour donner ce genre de “conseils” aux écrivains émergents, pas étonnant qu’on les retrouve sur les forums, désespérés parce que leur manuscrit a été refusé partout!!!!

Donc, récapitulons. Premièrement, je vous suggère d’aller jeter un oeil à ce que n’est pas un éditeur, afin de briser un certain nombres des illusions qu’il vaut mieux perdre dès le début. Oui, je vous assure, quand on veut se lancer dans l’écriture il vaut mieux avoir les yeux ouverts et les pieds sur terre!

Ça y est, vous l’avez lu là, c’est bon? Cool. Maintenant que vous savez quoi mettre dans la lettre, il faut savoir à qui l’envoyer. Vous remarquerez que ces deux actions sont normalement interdépendantes – du moins si vous faites les choses correctement.

Première étape: définissez le genre de vos écrits

Ecrivez-vous de la blanche ou de l’imaginaire? De la fiction, des essais? Des biographies? Des romans historiques? C’est la première chose, essentielle, à prendre en considération. On n’aurait pas l’idée d’envoyer un manuscrit traitant du Cardinal de Richelieu, sa vie, son oeuvre, aux éditions Bragelonne.
Si vous ne savez pas dans quel genre vous vous inscrivez, une rapide recherche en ligne vous renseignera.

Deuxième étape: cherchez les éditeurs qui correspondent à votre domaine

Les petits, de préférence. Ce n’est pas pour vous décourager ou quoi que ce soit, mais les plus gros publient deux sortes d’ouvrages: les ouvrages de référence, et les ouvrages à succès. Etant donné le nombre de manuscrits qu’ils reçoivent et le nombre de publications par jour, en France, il y a peu de chance que vous rentriez dans l’une de ces deux catégories – du moins dans l’immédiat. Donc, une fois de plus, restez réaliste: vous êtes un petit écrivain, trouvez un petit éditeur. Il n’y a pas de honte, bien au contraire: vous aurez un seul interlocuteur avec qui, si tout se passe bien, vous pourrez échanger librement et faire quelque chose de bien. Les grands éditeurs sont généralement plus “possessifs” avec les oeuvres dont ils ont achetés les droits…

Troisième étape: consultez leur catalogue

Non, ce n’est pas parce que votre roman rentre dans un genre qu’il correspondra à toutes les maisons d’éditions qui publient ce genre. Croyez-le ou non, il existe des sous-genres! Donc, si vous avez écrit une romance paranormale, trouvez un éditeur spécialisé romance paranormale, et pas juste romance tout court. Le mieux est bien souvent de lire la présentation que les éditeurs font eux-mêmes de leur maison, sur leur site internet. Ça ne prend pas quinze ans et ça suffit pour avoir une idée claire de leur travail!

Quatrième étape: rédigez avec soin votre lettre d’accompagnement

Je vous renvoie à l’article lié plus haut pour cela. N’oubliez pas, bien évidemment, de joindre vos coordonnées (j’aurais tendance à les mettre directement en page de garde du manuscrit, au cas où la lettre d’accompagnement se perde.)

Cinquième étape: arrêtez de rêver

Oui, c’est très cruel de ma part de formuler les choses ainsi. Mais je le répète: rêver, c’est bien, surtout quand on écrit de la fiction ; seulement le monde éditorial français n’est pas une sinécure, loin de là. Des milliers de gens écrivent et envoient chaque jour leur texte à d’éventuels éditeurs. Même les plus petits de ces éditeurs en reçoivent énormément, et en refusent la plupart. Vous serez peut-être refusé partout. Ça ne veut pas forcément dire que vous êtes nuls. Ça veut juste dire qu’il y avait meilleur que vous, ou plus proche de la ligne éditoriale.

Certains petits éditeurs ont la gentillesse de vous joindre la fiche de lecture de votre livre: lisez-la attentivement, réfléchissez-y, et tenez compte des critiques, c’est toujours enrichissant.

Challenge 1000 mots, première édition “officielle”

Comme je l’annonçais ce matin, c’est aujourd’hui que (re)démarre le Challenge 1000 mots! Avec un petit “re” entre parenthèse car nous avions déjà fait un premier essai, avec quelques auteurs (Charlotte, Julien, Laura et d’autres), mais la création du blog et de la page Facebook ont officialisé la démarche, dans le but de lui accorder plus de résonnance! Et j’espère que ce sera un succès car Charlotte s’est beaucoup impliquée dans ce projet, et elle mérite une belle réussite!

Bref! Cette première/deuxième édition est en fait un Challenge 500 mots: c’est le chiffre à atteindre chaque jour pendant 15 jours!

J’ai choisi pour l’occasion de travailler sur ma nouvelle pour l’AT des Editions Sharon Kena, dont la date butoir est justement dans deux semaines!

Pour l’occasion, j’ai revu mon estimation, qui était de 10 000 mots à la base, pour la porter à 12 000 mots estimés au final. Je commence à 7806 mots!


7806 / 12000
(65.05%)

Pendant toute la durée du Challenge, cet article restera en avant, et je le mettrai à jour pour vous tenir au courant… En espérant que cet essai soit moins pitoyable que le précédent!

A bientôt!

1er Mars

+530 mots aujourd’hui. Ce fut laborieux! Mais bon, j’ai tenu l’engagement du Challenge. Dans l’idéal, il aurait fallu que j’écrive plus car ça ne suffira pas pour être dans les temps pour l’AT. Je m’y remettrais peut-être plus tard… (Si j’arrive à me motiver!)

Edit: Je me suis un peu remise à mon texte et les quelques ajouts que j’ai effectués m’ont permis d’atteindre 8820 mots aujourd’hui!



8820 / 12000
(73.5%)

2 Mars

Première partie aujourd’hui: corriger le texte d’après les premières critiques de mes bêtas-lecteurs. Je me suis pour l’instant contentée de corriger les fautes d’orthographe et d’ajouter les mots manquants. J’ai également rallongé certaines phrases qui n’étaient pas tout à fait claires. +190 mots déjà! J’ai atteint les 75% de mon texte!


9010 / 12000
(75.08%)

3 Mars

Eh bien! Après l’échec critique d’hier (plus 193 mots au lieu des 500 minimum), j’étais bien décidée à me rattraper aujourd’hui, même s’il est toujours plus difficile pour moi d’écrire le week-end en semaine. Eh oui, j’ai un travail qui me laisse beaaaaucoup de temps libre, en conséquence c’est le week-end que je suis surbookée! Mais bref, malgré mes coups de gueule concernant le monde éditorial et ma visite au Salon de l’Agriculture, qui m’a laissée éreintée, je me suis bravement mise à écrire, et j’ai atteint (pour le moment) 583 mots supplémentaires! Pari tenu, donc!

EDIT: j’ai un peu continué à écrire, jusqu’à atteindre +832 mots au total, ce qui rattrape mon retard d’hier! Tadaaam! Plus de 80% sont écrits! :)


9842 / 12000
(82.02%)

4 Mars

Réveillée à 9h ce matin (vous conviendrez que c’est tôt pour un dimanche!), j’ai décidé de me mettre à écrire… Et ça a payé, déjà +513 mots, et il n’est que 10h30! :D Tout cela m’a mise de bonne humeur, je pense que je m’y remettrai plus tard car, si j’étais bloquée il y a deux jours, aujourd’hui j’ai l’impression que tout coule de source! Mais bon, pour l’instant je retourne me mettre au lit, je me suis couchée tard la nuit dernière et j’ai encore besoin de sommeil…


10355 / 12000
(86.29%)

5 Mars

Petite forme aujourd’hui… +378 mots seulement! Enfin ça me permet tout de même d’approcher les 90% de la nouvelle!


10733 / 12000
(89.44%)

6 Mars

+227 mots seulement aujourd’hui… J’en parle ici

10960 / 12000
(91.33%)

7 Mars

Rohnondidju, après 868 mots supplémentaires aujourd’hui… Je viens de poser mon point final. Mon tout premier point final.

11828 / 11828
(100%)

EDIT: Suite à la fin de la nouvelle Arimaspes, cet article va revenir à sa place normale, au profit d’un autre qui traitera toujours du Challenge, mais aussi de Demi-Fée, qui est désormais le texte sur lequel je travaille.

Challenge 1000 mots (ou plutôt 500)

Bonjour à tous!

Vous le savez, je fonctionne un peu bizarrement au niveau de l’écriture. J’ai des hauts, des bas, des périodes de motivation intense et d’autres où je n’arrive même pas à prendre mon stylo. Ou alors c’est seulement pour écrire des inepties!

En ce moment, c’est plutôt une période “bas” ; ça s’explique surtout par le fait que j’ai très très mal aux dents et que je risque de continuer à avoir mal d’ici à mon rendez-vous chez le dentiste, dans quinze jours, qui fera ce qu’il faut pour que le problème soit réglé. Malgré un traitement de cheval – ou plutôt “à cause de” ce traitement – j’ai bien du mal à me remettre à Arimaspes, ma nouvelle pour l’AT des éditions Sharon Kena… Et pourtant, l’échéance est le 15 mars!

Hey, mais, attendez… Ca tombe bien! C’est aujourd’hui que commence le nouveau Challenge 1000 mots! Ou plutôt 500 mots, car pour cette édition-test, il s’agira d’écrire 500 mots par jour pendant 15 jours. Parfait, puisque c’est exactement le temps qu’il me reste avant de devoir envoyer ma nouvelle…

Concours Sharon Kena

J’ai décidé il y a quelques temps d’envoyer un texte pour le concours de nouvelles des éditions Sharon Kena. La dernière échéance pour envoyer un texte est le 15 mars prochain.

C’est pourquoi il faudrait que je me bouge un petit peu les fesses si je veux avoir terminé et corrigé les 70 à 90 pages A5 avant la date butoir.

Le texte que j’ai commencé par cet AT est totalement différent de Demi-fée. Déjà, c’est de la science-fiction: l’action se situe à Paris en 2247. De plus, le thème du concours est la romance avec un être fantastique, qui ne soit ni vampire, ni loup-garous, ni ange. Bref, un truc un peu original.

Pour trouver quelle créature j’allais mettre en scène, j’ai dû replonger dans mon réservoir d’inspiration préféré: la mythologie. Grecque, romaine, celte, asiatique, chaque peuple a ses mythes, ses contes et ses légendes, alors il y a de quoi faire!

En cherchant un peu au petit bonheur la chance, je suis tombée par hasard sur les Arimaspes. Bingo, j’avais trouvé.

Bon, ne croyez pas que j’aie gardé la description telle quelle, hein. Forcément, j’ai tout remis à ma sauce! Et voici ce que je peux vous dire de “mes” Aris:

“« Arimaspes : race d’êtres humains dont la particularité est d’être tous atteints, dès leur naissance, d’une forme sévère de schizophrénie métamorphe évolutive assortie d’un dédoublement de la personnalité. Les premiers symptômes se déclenchent à l’adolescence pour empirer au fil du temps. »
Pr Anthiòn Petridis”

Il a donc fallu que je crée une héroïne, Clémence Escoffier (oui, encore une femme, je suis incapable de créer des héros masculins, ne me demandez pas pourquoi!). Celle-ci est médecin-légiste fraîchement diplômée, un peu misanthrope, peintre amateur et phobique des chats. Elle fait la rencontre, à l’occasion d’une offre d’emploi peu ordinaire, d’Aiakos (prénom) Ioannis (nom de famille), un Arimaspe au charme ravageur mais assez peu expressif…

Clémence accepte l’offre, (plus que) généreusement rémunérée, et voilà que tous deux vont dîner aux Délices des Monts Gargans pour parler de la mystérieuse mission que Clémence a acceptée…

Croisons les doigts pour que cette nouvelle, lorsqu’elle sera finie, plaise à l’éditrice! Sinon, eh bien, je verrais ce que j’en ferais!

4904 / 10000
(49.04%)

Regard de lecteur, regard d’auteur

L’écriture et moi, c’est une vieille histoire. Je me rappelle encore des “poèmes” que j’écrivais pour ma maman et mon papa, et des histoires que j’inventais et que je tapais laborieusement sur le vieil ordinateur de mon oncle, avec qui je n’ai aucune affinités mais qui pourtant m’a laissé ce bon souvenir.

Mon premier essai de roman date de ma seconde ; quand j’y pense, j’ai commencé à utiliser l’écriture comme catharsis quand les choses on commencé à aller mieux pour moi. Pas que je me plaigne, mais il s’agit d’être réaliste: je n’ai pas eu la vie facile. Quand je suis partie vivre une année en internat, à quinze ans, je savais que ça me ferais du bien – m’éloigner de ma famille avec mes relations étaient plus que conflictuelles ne pouvait pas me faire de mal – mais j’ignorais que ce serait l’occasion de me révéler à moi-même quelle était ma vocation. Et effectivement, c’est quand j’ai commencé à avoir du temps pour mettre les choses au clair dans ma tête que m’est venu le besoin, la pulsion, de prendre un stylo et d’écrire. Je n’y ai pas vraiment réfléchi, sur le coup. Ni même pendant les mois qui ont suivi. J’ai continué, tout simplement, portée par un besoin que je ne comprenais pas vraiment.

Puis j’ai quitté l’internat, je suis retournée vivre chez mon père, les conflits ont repris. Et j’ai réalisé que mon stylo et moi, on ne se quitterait plus.

Je pense que j’y ai vraiment réfléchi quand j’ai rencontré Vincent, qui vit perpétuellement avec de la musique dans la tête. Alors que lui se lançait dans les débuts de son groupe, les Nightcreepers, moi je commençais à ressentir le besoin de me faire lire. Ce n”était pas évident mais je me suis lancée, j’ai eu des retours positifs, ça m’a encouragée. J’ai fini par créer ma page auteur, j’ai multiplié les projets, les contacts. J’ai rencontré Laurent Luna sur un forum, avant qu’il ne soit publié, et il m’a beaucoup encouragée. Sur Facebook, puis à un salon, j’ai fais la connaissance de Daniel Pagès, qui ne cesse de me tanner pour que je termine, enfin, mon roman.

Bref, je me suis affirmée dans mon statut d’auteur. C’est alors que j’ai découvert CoCyclics, la bêta-lecture, et le lien intime qui unissait lecture et écriture.

Je l’admet, ça peut sembler assez évident. Mais jusque-là, ces deux activité que je pratiquais avec assiduité étaient restées très cloisonnées. La lecture d’un côté, une forme d’évasion, sans forme de réflexion, qui me prenait au cœur et au corps et qui m’immergeait dans une autre réalité. Quelque chose d’assez proche, finalement, de l’écoute d’un bon morceau de musique.

Mais me faire bêta-lire, et bêta-lire les autres, m’a forcée à donner une dimension plus réfléchie à mon écriture, et par-là même à ma manière de lire. Je m’explique:

Quand on commence à écrire, on se prend tous un peu pour Dieu. C’est le syndrome “je fais ce que je veux, c’est moi l’auteur”. Oui, d’accord. Sauf que non, en fait. Vous avez beau être l’auteur, vous êtes quand même obligé d’écrire quelque chose de cohérent, à tout le moins, si vous voulez que votre texte soit lisible. Résultat, vous vous demandez ce qui cloche, ce qu’il faudrait améliorer. Et comme vous n’avez pas forcément ni l’art, ni la manière de tout faire parfaitement dès le début, vous vous demandez comment font les autres.

C’est là que vous cessez de lire de manière irréfléchie. Vous scrutez les manies d’écriture, les ingénieux petits mécanismes mis en place par les autres auteurs, leur manière d’amener les éléments qui semblent important. Et quand vous ne parvenez pas à les déceler, quand tout s’imbrique si naturellement et avec tant de fluidité que vous ne percevez aucun des rouages qui mouvent l’histoire, alors c’est que l’auteur a bien fait son boulot. C’est au final, le but que tout romancier vise.

J’ai longtemps cru qu’avoir développé ce double regard sur un texte était l’aboutissement de ma démarche d’auteur/bêta-lectrice. Eh bien pas du tout.

C’est lorsque je me suis mise sérieusement à Demi-fée et que j’ai eu des retours de mes bêtas-lecteurs que je me suis rendu compte que malgré tout, mon regard sur mon roman resterait toujours particulier.

La meilleure preuve en a été Les Contes de Syteliah. Je les ai écris rapidement, sans trop réfléchir, pour créer une mythologie, une histoire à mon univers. Ils n’en ont un peu fait qu’à leur tête car ils ont au passage révélé la quête principale du roman – que moi-même j’ignorais! – ainsi que l’un des personnages majeurs: Aonghas. Malgré leurs frasques, ils n’étaient à mes yeux pas très importants. Et pourtant, mes bêtas-lecteurs, eux, les ont adorés. Ils ont aimé le côté romantique, la richesse et la féérie de ces petites histoire qui ne devaient servir qu’à justifier le “grand tableau”…

Tout ça pour dire que finalement, je pense que le regard d’auteur et de lecteur sont complémentaires. Je peux relire mon histoire en essayant d’adopter le même détachement, la même objectivité que mes bêtas-lecteurs, mais je n’y parviendrais jamais complètement. Parce que même si je ne sais pas où me mène mon histoire, je connais mon univers. Je sais quel élément m’a demandé du travail, quel autre a été facile, quel autre enfin s’est révélé de lui-même.

Et c’est peut-être justement parce que je connais bien Syteliah que les Contes qui retracent sa mythologie ont été instinctifs…