Depuis des années sans nombre, nous n’avions plus quitté nos Temples. Bien cachées dans l’ombre des Dieux dont nous nous disions les porte-paroles, nous avions créé autour de nous un mythe qui nous protégeait des atteintes extérieures. C’était là une parade efficace : on nous craignait autant qu’on nous aimait, on sollicitait notre bénédiction sur les nouveau-nés, notre accord concernant les affaires politiques, notre sanction en cas de différend.
Je n’étais qu’une novice sans importance lorsqu’il nous fallu renoncer à notre confortable mysticisme. Aisément sacrifiable, j’étais néanmoins assez douée pour faire face à la situation.