J’ai l’estomac retourné, un peu comme mes pensées ; je devrais peut-être arrêter de réfléchir et de m’inquiéter, de me prendre la tête pour un truc que tout le monde trouve normal. Mais désolée, je ne peux pas. Y a des jours, comme ça, des moments où les choses vous reviennent en pleine gueule, genre effet boomerang, mais puissance dix.
J’ai essayé de faire ce qu’elle me disait, d’être forte et présente pour ceux qui comptent, d’être tolérante et ouverte d’esprit, de pas m’arrêter aux apparences et d’essayer de comprendre pourquoi les gens sont ce qu’ils sont.
J’ai beau faire, je n’y arrive pas ; sans doute y a-t-il un certain nombre de choses qui me restent inaccessibles, je ne peux pas comprendre tout le monde, même si ça m’emmerde. Mais j’essaye, je te jure, M’man. J’essaye, parce que je sais que toi, je ne te comprendrais jamais, que même si je vais voir quinze mille psys, même si j’en fais chialer encore dix et que j’en pousse vingt-cinq de plus au suicide, ce que t’avais dans la tête restera un mystère. C’est frustrant, blessant pour mon ego de psychothérapeute refoulée, et ça m’empêche sûrement d’avancer. Parce que ça devient obsessionnel.
Bref, des fois j’aimerais qu’on se fie plus à moi ; que les gens, spontanément, me fassent confiance et m’appellent si besoin. Je le comprendrais sûrement mieux et j’arrêterais de cogiter. Oui, oui, je sais, « Cogito ergo sum ». Sauf qu’être, c’est bien, mais exister, c’est mieux.
On va s’arrêter là pour les textes de dépressive, ça vire au mélodrame et je m’insupporte moi-même. De quoi se mettre des baffes. « Lol ».
Vous décrivez je crois un état
dont j’ignore le nom, mais
qui me semble universel
je me demande
si ce n’est pas
la conscience
Cela y ressemble fort, effectivement…