De la recherche d’emploi

Des jours et des jours que j’épluche les annonces – sur le net, dans les magazines, au pôle emploi – et je ne trouve pas de travail.

J’ai essayé, hein, si si, je vous jure, j’ai vraiment essayé. J’ai posé des candidatures partout, même quand de toute évidence je n’avais aucune chance. J’ai même postulé chez Jennyfer (Vous vous rendez compte? Chez Jennyfer!) en me disant qu’à la limite, une telle infâmie pouvait s’expliquer par ma blondeur. (Nan je rigole, y’a pas de sot métier.)

Quelques considérations, donc, concernant nos chers employeurs (ou pas, dans mon cas.)

Premièrement (ceci est un lieu commun affligeant, mais comme dirait ma prof de philo, il faut toujours partir de là pour pouvoir affiner le raisonnement), tous ceux qui embauchent veulent des gens avec de l’expérience. De l’ « expérience minimale exigée » (ça veut dire quoi au juste?) à au « confirmé », en passant par la « première expérience significative » ( qui ne peut être ni un stage, ni un CDI trop court, ni ceci, ni cela), personne ne veut laisser leur chance aux débutants. N’y a-t-il donc plus personne qui s’intéresse au dynamisme? A la capacité d’adaptation, à la force d’innovation des jeunes travailleurs?

Non. Aujourd’hui, on veut de l’expérience. De la pratique, si possible beaucoup de pratique, sans trop de diplôme, mais sans être trop âgé non plus. Ou encore, il faut être jeune, très diplômé, et avoir beaucoup d’expérience. Et bien sûr, ne pas se faire payer cher.

Juste une question, messieurs nos boss, ou peut-être-futurs-boss: avez-vous un instant songé que si on passait sa jeunesse à étudier, on ne la passait pas à travailler? Et que si on travaillait toute sa vie, on avait droit à une rémunération décente pour ses capacités?

Je pense que si, vous y avez pensé. Seulement, vous nous avez convaincu que vos désirs n’étaient pas des ordres, non, mais des évidences.

Prenons l’exemple de l’étudiant lambda, sérieux, qui prend un job d’été pour remplir son compte en banque malmené:

Il rentre chez ses parents (eh non, il n’a pas son propre appartement – la crise économique, l’immobilier trop cher… Vous vous rappelez?) un soir, épuisé par une journée pourrie, et se plaint à une Maman -supposée compatissante. Qu’Hitler s’est réincarné en sa patronne, une blonde décolorée au rouge à lèvres criard et aux faux ongles outrageusement longs. (Oui je sais, les miens aussi sont très longs. Mais ce sont des vrais, pas des prothèses en plastique. Et toc!).

Réponse de sa chère et tendre matriarche: « Ca tu sais, mon chéri, c’est le monde du travail. C’est partout pareil! » Ajoutez le ton d’évidence habituel dans ce genre de conversation, faites cuire une vingtaine de minutes, et vous obtiendrez un jeune démoralisé, qui se coupera les veines avec la cuillère à nutella et laissera cette lettre d’au-revoir:

« Chère Maman,

Je ne voulais pas te faire du mal, mais tu sais, je ne comprend plus rien.

Quand j’étais petit, tu me disais que je ne devais pas parler mal au gens, car je leur devais le respect. Est-ce que ma patronne n’a pas eu de Maman pour le lui dire? Ou est-ce qu’elle est juste bête?

Avec toute mon affection,

le Jeune en détresse. »

Au final, on ne trouve pas d’emploi, et quand on en trouve un, on se fait traiter comme des chiens.

Je crois que bientôt, je vais demander à toucher les allocs.

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Cette entrée a été publiée dans psy.

4 commentaires sur “De la recherche d’emploi

  1. Elle dit :

    Mais à force de demander de l’expérience, ils ne trouveront plus personne puisque pour en avoir, encore faut-il trouver un boulot…
    C’est encore ce putain de problème de l’oeuf et de la poule.

    Oh, et prends ça comme un compliment de ne pas avoir été prise chez Jennyfer, ça veut dire que tu n’es pas assez conne, vulgaire et mal fringuée pour ça… Et que tes goûts pour conseiller ne sont pas assez « chiottiques ».

  2. Daniel dit :

    AHAH ! beau résumé de notre monde du travail…

    on embauche des gens entre 27 et 37 ans… avant et après, pas assez d’expérience ou trop de maturité pour se laisser manipuler, personne n’en veut…

    Cherche une île déserte
    pour y refaire un monde
    où tu puisse exister…
    (in « Un jour on les pendra par les c……, © Daniel Pagés, 2032
    😀

  3. Elle dit :

    De toute façon, on sera tous morts en 2012 donc bon…

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