On est trop nombreux dans ma tête!

L’une des plus grandes difficultés de l’écriture d’un roman, c’est, je pense, de faire le tri.

Des idées, on en a à foison. C’est d’ailleurs ce qui nous a fait dire « tiens, et si je mettais tout ça dans un livre?! » On peut donner un nom et un physique à un personnage en 30 secondes, créer un nouvel animal imaginaire ou une potion aux propriétés miraculeuses.

On peut décider d’inventer un langage, d’animer nos rêves, de transformer nos cauchemars, d’exploiter notre quotidien pour en faire une fiction plus plaisante.

Et chaque création n’existe qu’à travers nous, écrivains, et que si nous décidons de l’oublier, nous supprimons une existence.

Reste que dans cette cohues d’êtres fictifs, on ne s’y retrouve pas. On a du mal à décider si on préfère Mira la grande rousse ou Fah, la petite brune, on hésite entre une chevalier bienfaisant et un bandit sans foi ni loi ; ah, et puis entre Myloh et Razior,  mon coeur balance…

Peut-être aussi que l’écriture est un peu trop à l’image du monde dans lequel on vit: tant de gens, de langages, de cultures différents ; tellement de richesses et pourtant on est obligé, par la force des choses d’en mettre une partie de côté, sous peine d’être englouti, de disparaître sous les eaux de l’imagination, telle l’Atlantide personnifiée.

Je ne cesse de le regretter.

Publicités
Cette entrée a été publiée dans psy.

6 commentaires sur “On est trop nombreux dans ma tête!

  1. Daniel dit :

    voilà qui promet de nombreux livres !!!

  2. David dit :

    Voilà le genre de question que tout écrivain est amené à se poser au moins une fois dans sa vie. Et quand je dis « une fois », cela signifie en fait qu’il se la pose à chaque roman, à chaque histoire, aussi courte soit-elle.
    Le dilemme est toujours le même. La solution aussi d’ailleurs. Toujours brutale et parfois même absurde. Pourtant, il existe une ligne de conduite, une seule: tout faire pour le roman. Si un seul grain de sable doit perturber son bon déroulement, alors il faut le supprimer. Une mauvaise idées que l’on croit bonne est la pire des gangrènes. Elle va contaminer tout le récit sans qu’on s’en aperçoive et nous en dégoûter.
    Quand on commence à ramer, quand on a des difficultés à écrire, il est bon de s’arrêter, de tout poser à plat et de regarder attentivement ce qui perturbe le cours de nos pensées.

    Personnellement, ce que je fais, c’est de garder en mémoire ces idées. On sait que ça prend du temps pour écrire. Pendant ce temps, les idées se mettent en place, grandissent, fleurissent. Celles qui ne le font pas, celles que l’on ne parvient pas à se remémorer étaient forcément de mauvaises idées.
    De bonnes idées, j’en ai quelques unes qui tournent tranquillement dans mon esprits depuis au moins un an ou deux. Je sais qu’elles sont bonnes car elle sont toujours là.
    Je ne regrette pas les autres car je sais qu’elles m’auraient conduit à la frustration. Et rien de pire qu’un écrivain frustré!

    Je n’étais pas encore venu sur ce blog mais je vais l’enregistrer pour repasser.
    J’espère avoir l’occasion, un jour, de discuter avec vous de toutes choses qui rendent l’écriture à la fois si belle et difficile.
    A bientôt.

  3. Alice dit :

    Je suis très touchée par votre commentaire. Repassez quand vous voulez, vous êtes le bienvenu.

    Je pense que la question se pose, oh… au moins 25 fois par texte! Ce mot-ci, ce mot là? Plutôt comme ça, ou?… C’est dur, d’être imaginatif ET perfectionniste, mais c’est nécessaire. Et le travail fini toujours par apporter une satisfaction que seule l’écriture m’a procurée jusqu’aujourd’hui.

  4. David dit :

    Nous utilisons souvent des mots à tort à et travers. Il faut dire que la langue française évolue tous les jours. Certains mots n’ont plus la même signification aujourd’hui qu’il y a 50 ans. Pire: certains mots ou certaines expressions ne s’emploient pas pareil d’une région à une autre ou n’a pas du tout la même définition.
    Quoi qu’il en soit, quel que soit le problème, il faut toujours garder en tête que chaque mot, chaque phrase doit servir le texte et rien d’autre.
    Il est parfois douloureux de se défaire d’une idée. Il faut trouver le réconfort en se disant que si elle était restée en place, elle aurait probablement ruiné le texte.

    Maintenant, je crois que si nous sommes perfectionnistes, nous ne sommes jamais satisfaits de nos écrits. Si nous continuons à coucher les mots sur le papier, c’est parce que la session précédente nous est apparue bien fade et que la suivante nous donne de nouvelles ailes toutes fraîches.

  5. Alice dit :

    Et bien souvent, la nouvelle version nous donne de nouvelles idées, qui réorientent totalement un texte… Là vient le grand questionnement: garder le cap ou partir vers de nouvelles aventures? Difficile de choisir, une fois encore…

    C’est là tout le l’écriture, à mon échelle du moins: j’écris pour fuir la vie, je recherche cette catharsis qui me soulagera de ces choix douloureux que le quotidien nous impose, et pourtant… Il est encore plus difficile de faire face à ces mondes imaginaires.

    C’est bien souvent un seul mot, un mot bien placé, un mot pensé, pesé, réfléchi, qui oriente ma décision. Mais encore faut-il savoir de quel point de vue considérer ce mot: est-ce moi, l’auteur, qui le prononce, ou bien mon personnage? Et est-ce que « moi » et « l’auteur » sont bien la même personne?…

  6. David dit :

    Avant d’écrire des nouvelles et des romans, j’ai commencé par le scénario. Rien de tel pour être encore plus proche de l’univers que tu développes et surtout de ses personnages.
    Et un jour, j’ai bien cru que je devenais complètement fou car je me suis rendu compte que c’était un de mes personnage qui m’avait soufflé une solution et non moi qui avait trouvé la solution. Je n’en ai parlé à personne.
    Le prof qui chapeautait tous les projets est venu nous parler de la relation étrange qui existe entre le personnage et l’auteur. Et il nous a dit: « Quand vous vous apercevrez que ce n’est plus vous qui dictez ce que doit faire un personnage mais que c’est ce personnage qui vous dicte ce que vous devez écrire, cela signifiera que vous être sur la bonne voie ».

    Laisse faire tes personnages. Laisse-les dire. Libère ton esprit de ses contraintes. Ecrit tout simplement. Laisse les idées venir, tu verras toi-même si elles sont bonnes ou pas, si elles servent ou plombent, tu le sentiras.
    Quand tu écriras qu’un personnage doit faire telle ou telle action, qu’il s’arrêtera brusquement, se tournera vers toi avec ce regard un peu décontenancé – comme si tu venais d’une autre planète – et qu’il te dira: « T’es idiote! Jamais je ne ferai un truc aussi débile! » et qu’il se mettra en grève… là, tu sauras que tu es sur la bonne voie!
    C’est en écrivant que tu sauras si une idée est bonne ou pas.
    Il peut arriver que tu ne le saches pas tout de suite. Il m’est arrivé d’être bloqué 15 jours sur un texte sans savoir pourquoi, sans trouver pourquoi. Et pourtant, j’ai réfléchi. Et un jour, la solution m’est apparue aussi limpide, aussi évidente qu’il soit: j’avais deux idées excellentes mais totalement en contradiction l’une avec l’autre. D’où un sacrifice. Douloureux mais il fallait sauver le texte.

    Laisse reposer ton texte, ne le relis pas tout de suite, attends 24h et tu verras que les problèmes deviennent évidents. Tu en arriveras même à te demander si c’est bien toi qui a écrit les absurdités que tu lis! lol
    Tu ressentiras ton texte comme jamais et tu sauras si un mot est approprié ou non, si une idée a sa place ici ou pas… le texte te donnera toutes les clés pour le façonner.

    C’est vrai que si on regarde bien, à la longue, on se rend compte que le récit ne nous appartient pas. Il ne nous a jamais appartenu. Il est là, on ne fait que le dégrossir, le sortir de sa coquille. Peut-être parce que nous avons un regard différent, une façon différente de voir les choses et de les rapporter…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s