De l’importance de se sentir soutenu(e)

Il y a quelques jours, mon amie et consœur Cécile Courtois me confiait son besoin d’écrire pour les autres, et non pour elle seule. Un besoin que je comprends fort bien puisque j’y suis aussi soumise.

Il serait aisé de dire « on s’en fout, on fait ce qu’on veut », mais rien ne serait plus faux. Premièrement, parce que quand on écrit un roman, la seule chose qui correspond à « ce qu’on veut », ce sont les bases qu’on pose et qui représentent autant de faits à prendre en compte pour l’évolution de l’histoire. Mais aussi, et surtout, parce qu’on écrit pour être lu. Et si on considère – nous ou nos lecteurs – que notre texte est mauvais ou médiocre, alors on a du mal à continuer et à trouver la motivation nécessaire pour terminer un roman.

C’est simple, me direz-vous, si ça n’est pas suffisamment bon, il suffit de retravailler. Certes, mais quand on a fourni des heures de travail pour un texte, en ayant une idée bien précise en tête, et qu’on a donné le meilleur de nous même, on est parfois tellement découragé de voir que le résultat n’est pas celui que l’on espérait qu’on n’a plus le courage de réécrire. De plus, les critiques sur nos textes sont parfois acerbes et absolument pas constructives (« c’est nul! » ; « franchement si c’était pour faire ça t’aurais dû t’abstenir » et j’en passe…). Et dans ce genre de cas, même si on sait qu’elles proviennent de rageux frustrés et jaloux, ces critiques nous atteignent et nous blessent profondément, nous faisant perdre toute confiance en nous-même.

C’est pourquoi l’entourage d’un écrivain est plus qu’important. Il est nécessaire, en tant qu’auteur, de pouvoir partager sa passion avec d’autres.

Ces « autres » peuvent être eux-mêmes auteurs: ils sont d’excellents interlocuteurs car ils ont dû faire face aux même problématiques que nous et peuvent nous apporter des réponses. Ils peuvent également être de « simples lecteurs » lambda qui n’écrivent pas, et donnent un point de vue totalement différent de celui des auteurs. Car, ne vous y trompez pas, se mettre à écrire modifie radicalement votre point de vue sur vos lectures. (Du moins, ça a été mon cas!)

Enfin et surtout, vous pouvez échanger au sujet  de vos textes avec votre famille.

Bien des auteurs ne s’y risquent pas, ayant trop peur du jugement que leurs proches peuvent porter sur leurs écrits, ou sachant que cela ne les intéresse tout simplement pas. Pour ma part, j’ai mis du temps avant d’en parler à ma famille. Je savais que ma mère, si elle avait été encore en vie, m’aurait soutenue de manière inconditionnelle et encouragée du mieux qu’elle le pouvait. Mon père, c’était une autre paire de manche, et je craignais tellement qu’il ne me croie pas capable d’écrire de bons textes que j’ai longtemps retardé l’échéance. Je dois également préciser que mon père est connu pour être d’une franchise légendaire, dénué de la moindre diplomatie, et ce n’était pas fait pour me rassurer. S’il n’aimait pas, il ne prendrait pas de pincettes pour me le dire.

Quand enfin, je lui ai dit que j’écrivais et que j’aimerais être un jour publiée – avant la création de ce blog – il a éclaté de rire et m’a répondu « Tu crois vraiment que quelqu’un voudra te lire?! ». Comme si c’était totalement absurde.

Merci, papa.

C’est à cet instant que j’ai réalisé à quel point, malgré mes relations pour le moins conflictuelles avec lui, ce que mon père pensait de moi m’importait. Cette réplique pleine de dédain m’a touchée en plein cœur et m’a découragée pour un certain temps, jusqu’à ce que je me décide à poster certains de mes textes sur des forums, où j’ai eu des retours positifs et des encouragements chaleureux.

Deux ans après, au terme d’une énième dispute, j’ai rappelé ses paroles à mon père, et je m’en suis donnée à cœur joie pour lui faire savoir que oui, il y avait des gens qui voulaient me lire, et même qui me trouvaient talentueuse. Ce qu’il avait pris pour une lubie d’adolescente, au même titre que ma période « je veux être chanteuse » (merci la Star ac’) était bien plus que cela et revêtait une réelle importance à mes yeux. Deux semaines plus tard, il m’appelait et me disait « Je viens de voir une annonce, les éditions Amalthée cherchent de nouveaux auteurs! »

Je n’irais pas chez Amalthée, même quand mon roman sera fini, mais merci, papa. Excuses acceptées.

Tout ça pour dire que nous autres, auteurs, sommes très sensibles à l’avis des gens que nous aimons sur nos textes. Alors, si quelqu’un, dans votre entourage, écris ou aimerait écrire, ne vous moquez pas de lui/d’elle, même gentiment. Offrez-lui votre soutien, car c’est le meilleur des moteurs.

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3 commentaires sur “De l’importance de se sentir soutenu(e)

  1. Jo Ann v. dit :

    Ma mère a toujours considéré mon écriture comme un hobby ou un truc dont je pourrais me passer. Et ça fait 15 ans que ça dure.
    Vu tout ce que j’ai sacrifié pour, j’aimerais avoir une publication rien que pour dire que ça a valu la peine.

  2. Daniel Pagés dit :

    J’applaudis !!! Et c’est pour ça que je passe pas mal de temps sur les forums à encourager des jeunes écrivains qui ont la technique de leur âge bien sûr, mais un talent qui ne demande qu’à grandir !

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