Quand l’auteur se trouve…

Cécile et moi discutions à l’instant, par email, du fait qu’elle s’était trouvée. En effet, j’ai lu les premiers chapitres de son roman en cours, Les Chroniques d’Alorée et même si j’aime l’histoire, on y sent l’hésitation de l’auteur en puissance qui hésite, si peu certain de son potentiel qu’il a peur de lui donner l’occasion de s’exprimer.

Depuis le jour où Cécile s’y est mise, elle a écrit vingt-cinq (peut-être même plus?) chapitres sur ses Chroniques, un texte pour le concours numéro deux du Forum de la littérature fantastique et elle finit actuellement sa nouvelle pour le Concours des Editions Sharon Kena.

Cette nouvelle – intitulée Ève, la renaissance – je l’ai lue. Avec plaisir et surprise. Le style de Cécile était toujours là, à la fois proche du mien et pourtant très différent. J’y ai retrouvé son poétisme, son amour du romantisme, ses personnages sensibles. Mais j’y ai aussi trouvé une maturité dans l’écriture qui m’a surprise au plus haut point. Pas de doute, mon amie s’est trouvée.

Alors forcément, je me suis demandé si moi aussi, j’avais autant évolué depuis mes premières tentatives. J’ai perdu mon tout premier essai de roman, mais j’ai encore quelques textes de-ci, de-là que j’ai pu relire. Ils ne sont pas sur ce blog, et là raison en est évidente: oui, moi aussi, j’ai bien grandis.

J’ai cessé de tâtonner dans le noir, cherchant les mots, la manière de dire les choses, la voie pour faire évoluer mon roman. Mes premiers questionnements (est-ce que je peux dire les choses de cette manière?) ont laissé la place à d’autres, plus profonds et essentiels (mes personnages sont-ils cohérents?), mais surtout mon style s’est affirmé. J’ai désormais ma patte, mon marque de fabrique, qui est reconnaissable. Mon style n’est peut-être pas le meilleur, mais c’est « le mien », le vrai. Celui qui me correspond.

J’en suis la première surprise, mais qu’est-ce que c’est gratifiant!

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Cette entrée a été publiée dans psy.

4 commentaires sur “Quand l’auteur se trouve…

  1. Ch dit :

    C’est vrai que c’est assez jouissif de voir ou de sentir le moment où on maîtrise son écriture ou son histoire au lieu de la subir.
    Je suis entièrement d’accord avec ce que vous voulez dire dans les deux dernières lignes de l’avant-dernier paragraphe : c’est un réel plaisir de trouver « son  » écriture !

  2. CADET dit :

    En ce qui me concerne j’en suis restée à votre ouverture de roman »Demi-fée » où j’avais été frappéepar vos souffrances vécues, peut-être dans votre enfance et j’avais relevé tout ce qui se rapportait aux cris de votre insconcient « moi, la batarde »
    Le discours de votre mère dans le roman « tu es une abomination » « elle me fit nettement comprendre que je n’étais pas la bienvenue dans sa vie ». Vous m’avez expliqué que vous aviez été désirée, peut-être mais cette violence de mot par rapport à une mère imaginaire est là et moi, lectrice je la sens. Cet écrit est très important. Je vous prie de m’excuser d’insister (j’ai été en analyse pendant plusieurs années, mon problème : ma mère ne m’aimait pas. Je m’intéresse non seulement à une écriture brillante, à son contenu, mais aussi au vécu de l’auteur. Un auteur pour moi est indissociable de ses écrits qu’il le veuille ou non. C’est pour cela que certains auteurs dont j’aimais le style comme Céline, Ionesco
    ne m’ont jamais séduite et je sais que j’ai tort . Que représentait Zora pour vous dans votre vie, si toutefois elle existe ? Merci de me répondre quand vous en aurez le temps. Ce n’est pas urgent. Mais j’aimerais bien découvrir quelques extraits de votre style actuel puisque vous dîtes avoir grandi.

    • Alice dit :

      Tout cela est très vrai, mais les réponses sont assez complexes… Ma mère est décédée lorsque j’avais douze ans d’une overdose ; elle m’aimait profondément, tout comme elle aimait mon frère. mais addict comme elle l’était aux antidépresseurs, aux anxiolytiques et aux somnifères, elles était dans l’incapacité de s’occuper de nous comme elle l’aurait dû. C’était plutôt la situation inverse qui s’était mise en place lorsque nous passions le week-end chez elle… Je lui en ai longtemps voulu, me sentant rejetée, me demandant pourquoi elle avait fait des enfant si c’était pour les abandonner… Mais rien n’est aussi simple, n’est-ce pas? La vie n’est ni toute noire ni toute blanche.

      Du côté de mon père, la situation était encore plus complexe: séparé de ma mère lorsque j’avais trois ans, il s’est installé avec une nouvelle femme deux ans et demi plus tard ; femme avec qui mes relations ont été très conflictuelles jusqu’à ce que je prenne mon indépendance. J’ai été une ado difficile: je ne me droguais pas et je sortais très peu, mais j’étais sujette aux états dépressifs, aux sautes d’humeur, aux crises d’angoisse… J’étais en perpétuelle opposition avec mon père. Quant à lui, il a reconnu récemment avoir transféré vers moi tous les conflits non résolus qui flottaient entre lui et ma mère… J’avais cruellement conscience des différence de traitement qui existaient entre moi et mon grand frère, et elles m’ont profondément affectée.

      Ajoutez à cela que la famille de ma mère, ayant beaucoup souffert de son décès et de ses circonstances, à bien du mal à me différencier d’elle… Et vous comprendrez que chacun de mes échecs, du plus insignifiant au plus important, m’ont été reprochés et ont été mis en relation avec « l’échec » qu’a été ma mère…

      Qui est Zora? Je n’en sais rien ; un mélange du plusieurs personnes, sans doute.

      En tout cas, vous avez raison, mon inconscient est bel et bien omniprésent dans mes textes. Vous aurez l’occasion de lire mon conscient d’ici peu!

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