A qui envoyer votre manuscrit?

Il y a deux jours, sur l’un des groupes Facebook auxquels j’adhère, une jeune femme demandait conseil concernant le choix des éditeurs à qui envoyer le manuscrit de son premier roman.

L’un des adhérents du groupe lui a fait cette magnifique réponse:
« L’objectif étant de vendre, tu envoies ton manuscrit aux 15/20 plus grands. S’ils ne publient pas, ben c’est que c’est pas vendable. Et que tu t’es fait plaisir, ce qui est déjà bien. »

Non mais qu’est-ce que c’est que cette connerie?! S’il y a des gens pour donner ce genre de « conseils » aux écrivains émergents, pas étonnant qu’on les retrouve sur les forums, désespérés parce que leur manuscrit a été refusé partout!!!!

Donc, récapitulons. Premièrement, je vous suggère d’aller jeter un oeil à ce que n’est pas un éditeur, afin de briser un certain nombres des illusions qu’il vaut mieux perdre dès le début. Oui, je vous assure, quand on veut se lancer dans l’écriture il vaut mieux avoir les yeux ouverts et les pieds sur terre!

Ça y est, vous l’avez lu là, c’est bon? Cool. Maintenant que vous savez quoi mettre dans la lettre, il faut savoir à qui l’envoyer. Vous remarquerez que ces deux actions sont normalement interdépendantes – du moins si vous faites les choses correctement.

Première étape: définissez le genre de vos écrits

Ecrivez-vous de la blanche ou de l’imaginaire? De la fiction, des essais? Des biographies? Des romans historiques? C’est la première chose, essentielle, à prendre en considération. On n’aurait pas l’idée d’envoyer un manuscrit traitant du Cardinal de Richelieu, sa vie, son oeuvre, aux éditions Bragelonne.
Si vous ne savez pas dans quel genre vous vous inscrivez, une rapide recherche en ligne vous renseignera.

Deuxième étape: cherchez les éditeurs qui correspondent à votre domaine

Les petits, de préférence. Ce n’est pas pour vous décourager ou quoi que ce soit, mais les plus gros publient deux sortes d’ouvrages: les ouvrages de référence, et les ouvrages à succès. Etant donné le nombre de manuscrits qu’ils reçoivent et le nombre de publications par jour, en France, il y a peu de chance que vous rentriez dans l’une de ces deux catégories – du moins dans l’immédiat. Donc, une fois de plus, restez réaliste: vous êtes un petit écrivain, trouvez un petit éditeur. Il n’y a pas de honte, bien au contraire: vous aurez un seul interlocuteur avec qui, si tout se passe bien, vous pourrez échanger librement et faire quelque chose de bien. Les grands éditeurs sont généralement plus « possessifs » avec les oeuvres dont ils ont achetés les droits…

Troisième étape: consultez leur catalogue

Non, ce n’est pas parce que votre roman rentre dans un genre qu’il correspondra à toutes les maisons d’éditions qui publient ce genre. Croyez-le ou non, il existe des sous-genres! Donc, si vous avez écrit une romance paranormale, trouvez un éditeur spécialisé romance paranormale, et pas juste romance tout court. Le mieux est bien souvent de lire la présentation que les éditeurs font eux-mêmes de leur maison, sur leur site internet. Ça ne prend pas quinze ans et ça suffit pour avoir une idée claire de leur travail!

Quatrième étape: rédigez avec soin votre lettre d’accompagnement

Je vous renvoie à l’article lié plus haut pour cela. N’oubliez pas, bien évidemment, de joindre vos coordonnées (j’aurais tendance à les mettre directement en page de garde du manuscrit, au cas où la lettre d’accompagnement se perde.)

Cinquième étape: arrêtez de rêver

Oui, c’est très cruel de ma part de formuler les choses ainsi. Mais je le répète: rêver, c’est bien, surtout quand on écrit de la fiction ; seulement le monde éditorial français n’est pas une sinécure, loin de là. Des milliers de gens écrivent et envoient chaque jour leur texte à d’éventuels éditeurs. Même les plus petits de ces éditeurs en reçoivent énormément, et en refusent la plupart. Vous serez peut-être refusé partout. Ça ne veut pas forcément dire que vous êtes nuls. Ça veut juste dire qu’il y avait meilleur que vous, ou plus proche de la ligne éditoriale.

Certains petits éditeurs ont la gentillesse de vous joindre la fiche de lecture de votre livre: lisez-la attentivement, réfléchissez-y, et tenez compte des critiques, c’est toujours enrichissant.

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18 commentaires sur “A qui envoyer votre manuscrit?

  1. Daniel Pagés dit :

    Ben voilà un petit article intelligent ! Quand tous les « jeunes » auteurs auront compris ça…
    Bravo, Alice !

  2. Nathalie Dau dit :

    Très bon article, parfaitement conscient des réalités du milieu. J’ajouterai que les gros éditeurs, comme ils visent la rentabilité immédiate, ont tendance à sélectionner des manuscrits très « grand public », et cela les conduit parfois à refuser des manuscrits plus littéraires destinés à un lectorat plus exigeant et donc forcément plus restreint. C’est la ligne de ces gros éditeurs, ce sont leurs impératifs économiques, tout à fait respactables car exprimés clairement par eux, il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Mais c’est pour cela que le plus souvent, les manuscrits hors normes tant par leur format que par leur style ont davantage de chance d’être publiés par de petits éditeurs, plus réceptifs aux « petits bijoux pour happy fews ».
    Et merci pour le lien et la mention de mon vieil article, toujours d’actualité 😉

    • Alice dit :

      Tout à fait!

      Toutefois j’avais répondu à l’auteur de ce commentaire en lui disant, en substance, la même chose qu’ici, et d’après les propos qu’il a tenus ensuite, il s’avère que son but à lui est… de vendre. L’écriture n’est pas une art, c’est un mayen de faire de l’argent, à ses yeux… Donc effectivement, les petits n’ont aucun intérêt.

      Et pas de quoi! 🙂

  3. Jo Ann v. dit :

    Je co-signe. 🙂

  4. […] conséquence c’est le week-end que je suis surbookée! Mais bref, malgré mes coups de gueulemes coups de gueule concernant le monde éditorial et ma visite au Salon de l’Agriculture, qui m’a laissée […]

  5. Asia Morela dit :

    La vision de l’industrie littéraire que tu défends s’appuie évidemment sur des faits, mais je conteste un peu l’interprétation globale. On dirait que des millions de gens veulent être écrivains, mais comme il n’y a pas de place pour tout le monde, les éditeurs sont rois puisqu’à eux revient de choisir parmi trop de candidats. Ce qui a pour conséquence de donner l’impression aux auteurs qu’ils ne peuvent pas trop en demander, qu’ils sont les « superflus » de l’histoire, et qu’ils peuvent s’estimer chanceux de la moindre parcelle d’attention qu’on leur accorde (ce n’est pas vraiment ce que tu dis, mais on tire un peu et c’est ce que ça donne; en tout cas les deux discours s’accorderaient parfaitement).

    Or pour moi, c’est l’inverse. Déjà, j’aimerais qu’on remette les choses à l’endroit: les auteurs sont à la base de tout le secteur économique littéraire, comme les ouvriers sont à la base de celui de l’industrie. Comme le dit avec raison l’auteur Michael A. Stackpole, sans les écrivains, les agents littéraires n’ont RIEN, les éditeurs n’ont RIEN, les maisons d’édition n’ont RIEN, les libraires n’ont RIEN (http://www.michaelastackpole.com/?p=3081). Des millions d’emplois dépendent de notre désir et à notre capacité d’écrire, et il ne faut pas l’oublier. À ce titre NOUS devrions avoir les rênes en main, et non l’inverse.

    Bien sûr, il y a le problème de l’offre et de la demande. S’il y a 1 million de travailleurs pour 1 000 places, les travailleurs deviennent interchangeables, licenciables à tout moment, et la valeur de leur travail diminue de fait. Serait-ce le cas des écrivains? Personnellement, je le réfute. J’essaie actuellement de monter un projet d’édition sérieux, et je cherche des écrivains capables de faire un boulot d’écrivain. C’est très, TRÈS difficile de trouver des candidats. Je sais que des nouvelles maisons d’édition ont le même genre de difficulté à trouver des manuscrits éditables. Manque de publicité? Non, non. J’ai eu beaucoup de retours, de manifestations d’intérêt, ça oui. La preuve que je me suis faite entendre, que le monde sait que j’existe. Sauf qu’il y a un gap immense entre « (se piquer d’)écrire » et « être capable de faire un boulot d’écrivain ». Je tracerais un parallèle avec la différence entre « savoir cuisiner » et « être cuisinier ». Si tu as déjà travaillé dans un restaurant ou un bar, tu sais ce que je veux dire. Moi-même je cuisine chez nous, j’aime ça et je ne me débrouille pas mal, mais jamais au grand jamais je ne pourrais être cuisinière. Ça n’a tout simplement rien à voir.

    Ce que j’essaie de dire, c’est qu’écrivain n’est pas un emploi non-qualifié. Il ne suffit pas d’avoir appris à écrire à l’école pour être écrivain. Ce n’est pas comme travailler dans une usine de fabrication à la chaîne. Être écrivain, c’est exigeant. Ça demande des compétences. Et je crois au contraire qu’il y a bien assez de « places » potentielles d’écrivain par rapport au nombre de personnes véritablement qualifiées pour les remplir. Peut-être même qu’il y en a trop. Il y a des auteurs qu’on édite; pas sûr qu’ils convainquent les lecteurs et/ou soient capables de mener une carrière d’écrivain. Mais les maisons d’édition ont des sous, des places à offrir, elles prennent des chances même avec du monde « limite ».

    En gros, ce n’est pas parce que beaucoup de monde répond à ton annonce que tu trouveras une seule personne assez bonne pour la job que tu as à offrir. Un immense intérêt pour ce que tu offres peut masquer d’autant plus efficacement une pénurie toute aussi immense de personnes qualifiées… D’ailleurs je dis « qualifiées », mais souvent ce n’est même pas à l’éditeur lui-même de le déterminer. C’est triste, mais si le mot magique « édition » en fait accourir beaucoup, toutes les contraintes réelles que celle-ci implique en fait fuir presque autant… Échéance? Engagement? Ligne éditoriale? La plupart des soi-disants écrivains semblent les considérer comme des gros mots. Que voulez-vous faire avec ça?

    Au fond, plusieurs de tes conseils vont dans mon sens, puisque s’il était requis de les suivre pour se dire « écrivain », il y aurait tout d’un coup beaucoup moins d’aspirants écrivains sur terre… Et on arrêterait du coup de parler de ces fameux « milliers de gens » qui envoient des trucs à des éditeurs, et de cette fameuse « moitié des Français » qui a écrit un roman, et on pourrait du même coup cesser de dire aux écrivains d’arrêter de rêver, mais au contraire de rêver beaucoup plus, par pitié! À force de se croire aussi « superflu », « un parmi des milliers », de ne pas y croire, l’apprenti écrivain francophone se donne de moins en moins de mal, est prêt à faire de moins en moins d’efforts, prend l’écriture de moins en moins au sérieux. Vouloir faire de l’argent avec ce qu’on écrit est selon moi un premier pas dans la bonne direction, puisque cela implique nécessairement de traiter l’écriture d’une façon professionnelle, ce qui serait un progrès énorme par rapport à ce que de nombreux « écrivains » font actuellement.

    J’ai aussi tendance à penser, de manière certes cynique, que mieux rémunérer les écrivains augmenterait la qualité de la production littéraire. S’il y a peu d’élus et que les places sont prises, pourquoi s’échinerait-on à écrire des romans qui valent la peine d’être lus? C’est dur à dire, mais même la passion s’essouffle sans fonds pour la soutenir. La façon dont l’édition traditionnelle fonctionne en France aide-t-elle toujours au développement de la création littéraire française, ou bien lui devient-elle nocive? Peut-on envisager d’autres modèles? Avant d’envoyer un quelconque manuscrit à un éditeur, je me poserais ces questions et je me demanderais si je veux cautionner ce système (dont la plupart des petites maisons d’édition participent intégralement, ne serait-ce qu’en tant que relatives victimes).

    Oups, désolé pour le pavé/coup de gueule. C’est vraiment long pour un commentaire… À toi de voir si tu veux le publier. 😀

    • Alice dit :

      J’ai déjà accepté un de tes commentaires, Asia, donc à partir de là tous les autres sont automatiquement acceptés 😉 C’est l’auteur que « j’autorise », après pas de censure ici!

      Je soutiens parfaitement ton point de vue, tout comme celui de Michael A. Stackpole. Effectivement, les écrivains sont la base du monde du livre. ET dans l’idéal, tout fonctionnerait comme tu le décris. Seulement voilà, on n’est pas dans l’idéal, et cela pour plusieurs raisons.

      Tout d’abord, parce que comme tu le dis toi-même, on a peu de vrais « écrivains ». Combien, parmi ceux qui écrivent acceptent les diverses contraintes liés à l’édition, ou même tout simplement à l’écriture, si elle est pratiquée sérieusement? Très peu. Moi-même, je ne m’y conforme pas: je suis incapable d’écrire avec régularité, et donc de tenir un délai.

      Deuxièmement, parce que ce n’est pas ce que le public recherche. Alors qu’auparavant, on appréciait l’écriture en tant qu’art, aujourd’hui ce n’est qu’un loisir comme un autre,j au même titre que la musique, d’ailleurs. On cherche des livres « qui détendent », « qui ne font pas réfléchir », qui sont « faciles à lire »… Le travail de l’auteur en est grandement facilité! C’est tout de suite plus aisé d’écrire tout un roman si on n’a pas à s’embêter à faire passer un quelconque message ou à bousculer un tant soit peu le lecteur.

      Troisièmement, parce que les éditeurs, répondant à la demande, ne recherchent pas non plus d’oeuvres littéraires de qualité. Comme le dit Nathalie Dau un peu plus bas, le but des plus grands – et des plus petits aussi – est de vendre, alors ils ne vont pas s’embêter à engager des frais pour un livre dont personne ne voudra car « c’est trop compliqué »…

      Quatrièmement et finalement, parce que les arts en règle générale ne sont pas encouragés ; et cela rejoint ce que tu disais à propos d’une meilleure rémunération des auteurs. On constate, à travers les époques, que les ères les plus productives et les plus innovantes ont été celles où le mécénat s’est développé. Celles où les gens qui en avaient les moyens ont accepter de permettre aux artistes, quels qu’ils soient, de pouvoir vivre de leur art. Aujourd’hui, tu ne peux gagner ta vie avec une discipline dite « artistique » que si tu copies quelque chose de déjà existant. C’est vrai dans la musique, où les plus visibles sont les chanteurs pop à voix de micro, sans aucun cachet ; dans les arts graphiques, où un certains nombre de styles tous très proches prédominent ; dans la littérature, où des schémas se répètent… Bref, aujourd’hui, si tu veux gagner ta vie avec tes oeuvres, il faut en retirer toute initiative réellement créative, donc tout art. Donc pour devenir un auteur reconnu, il faut renoncer à être auteur pour devenir un copiste parmi tant d’autres… Quoi de motivant là-dedans?

      Donc je suis totalement d’accord avec toi, et je te soutiens à 200% dans ton projet. Malheureusement, il faudra encore longtemps pour renverser le cours des choses. J’espère en tout cas que ta coopérative qui n’en est pas une verra le jour et qu’elle sera à la racine n’un nouveau mode d’édition, plus juste et plus professionnel… Ce serait génial!

      (P.S.: Je suis en train de finir, dans les jours qui viennent, ma nouvelle pour la maison d’édition spécialisée romance. Souhaites-tu que je te l’envoies? Je ne suis même pas sûre que la romance soit assez présente, je ne suis pas une spécialiste du genre! En tout cas, ça te permettrais de voir un peu mon style, et de parler plus en profondeur de ce projet et de mon éventuel intérêt! Si ça t’intéresses, envoies-moi un email à undermyfeather@live.fr, ou bien un mp sur l’un des forums où on est tutes les deux, je suis Nochelove!)

    • Alice dit :

      Tiens, et je viens de m’apercevoir qu’hier soir j’ai oublié de dire LA chose la plus importante en réponse à ton commentaire: je ne « défend » en rien ce système éditorial, je me contente de l’exposer. 🙂

  6. Akiko Murita dit :

    Merci pour cet article ! Ne pas oublier que c’est toujours souhaitable de se faire relire par un tiers avant d’envoyer son texte !

    • Alice dit :

      Evidemment, et je dirais même qu’au-delà de souhaitable, c’est obligatoire car on n’est pas du tut objectif sur ses propres écrits, et on finit par ne plus voir les choses les plus évidentes (La preuve: j’ai une de mes bêta-lectrices qui m’a renvoyé une nouvelles truffée de fautes de conjugaison… Tout du long, j’avais confondu passé simple et imparfait!)

      Mais cette étape doit venir bien avant l’envoi, juste après le point final, avant la réécriture! Jo Ann en parle très bien dans ses multiples conseils aux primo-romanciers: http://ladybirdisms.blogspot.com/2011/07/conseils-pour-les-primo-romanciers.html

  7. Nathalie Dau dit :

    Alice, je ne dis pas exactement ce que tu me fais dire. Je dis effectivement que le but des gros éditeurs est de vendre, oui. Rapidement, et beaucoup. Mais ce n’est pas le but premier des petits. Pas de la même façon, en tout cas.
    Je suis écrivain avant tout. J’ai créé les éditions Argemmios pour pouvoir publier des manuscrits dont j’avais connaissance et que je savais bons, mais trop exigeants ou trop hors format pour la vision « grand public » des gros éditeurs. Argemmios a beau être une sàrl, toute l’équipe éditoriale y est bénévole et donc ne se rémunère pas. Nous publions les manuscrits qui nous correspondent et qui nous ont convaincus. On espère qu’il y aura suffisamment de gens pour adhérer à ce choix, ne serait-ce que pour nous permettre de gagner assez pour publier un autre manuscrit, mais nous sommes tout à fait conscients que l’exigence de nos choix rend nos livres difficiles à rentabiliser rapidement. Il faut parfois plusieurs années avant qu’un livre ne rencontre son public. Par exemple la novella de Pierre Gévart, un vrai petit bijou de transfiction : on en a fabriqué 400, on en a vendu 90 en un peu plus de 2 ans. Et on ne regrette rien, parce que ce livre est excellent et qu’il méritait d’être publié, et parce que chaque fois qu’on a un retour de lecteur dessus, c’est un retour de lecteur satisfait. Donc voilà,nous sommes dans une démarche artistique, littéraire, patrimoniale si j’ose dire. C’est sûr qu’on aimerait que nos auteurs vendent davantage pour qu’ils puissent gagner davantage, et on fait tout ce qu’on peut pour mettre en avant leurs ouvrages, mais on ne peut pas violer les lecteurs non plus pour les obliger à s’intéresser à nos livres. On se dit que ça viendra. Que parmi tous les jeunes lecteurs qui pour l’instant se contentent d’ouvrages « faciles », certains grandiront, mûriront, et se tourneront un jour vers nos livres. Et nos livres seront là, pour leur plus grand plaisir 🙂
    Moi-même, en tant qu’auteur, j’aimerais bien gagner davantage grâce aux fruits de ma plume. J’aurais pu écouter certaines sirènes et faire du « commercial », j’ai eu des propositions en ce sens. On m’a dit que tout serait plus facile si j’écrivais un peu moins bien, avec moins de vocabulaire, avec un style plus passe-partout… Je comprends ceux qui le font, mais je m’en suis trouvée incapable : cela ne correspondait pas à ma démarche, à mes ambitions. Je ne veux pas avoir à me brider pour des raisons qui m’empêcheraient de me regarder dans une glace, ensuite. Je donne le meilleur de moi-même à chaque fois, par respect pour mon art, pour mes lecteurs et pour les éditeurs qui apprécient mon travail. Mais il est certain que mes livres ne sont pas en tête de gondole, facilement repérables dans la masse des productions grand public. Sauf que ceux qui les trouvent, après, en font quelque chose. Je commence à être invitée dans des écoles, certains de mes textes commencent à être étudiés en classe… et ça, c’est important à mes yeux. Tout comme ces lecteurs qui viennent me trouver ou m’écrivent pour me dire tout ce que me lire leur a apporté de bon, au-delà du simple plaisir de lecture.
    Même si parfois, quand je regarde les difficultés de mon quotidien, les factures à payer, mes horaires de folie pour essayer de caser dans une journée mon travail d’écrivain, mon travail d’éditrice, mon travail alimentaire et mon travail de maman, j’aspire à ces chiffres de vente qui me permettraient de gagner assez pour alléger un peu ma charge… Mais non, pas au prix de mon âme. Ou alors c’est juste que je ne sais pas faire autrement qu’à ma façon. ^^

    • Alice dit :

      Pardon, je me suis mal exprimée: l’ajour concernant les petites maisons d’édition était de ma part, et répondait à ce que disait Asia: « Avant d’envoyer un quelconque manuscrit à un éditeur, je me poserais ces questions et je me demanderais si je veux cautionner ce système (dont la plupart des petites maisons d’édition participent intégralement, ne serait-ce qu’en tant que relatives victimes). »

      Je disais cela dans le sens où on n’édite pas un livre pour ne pas le mettre en vente. Le but ultime de toute maison d’édition est d’écouler touts ses exemplaires! Mais pas forcément à n’importe quel prix, c’est évident! 🙂

      • Nathalie Dau dit :

        Effectivement 🙂 Et si le livre a si bien marché qu’il faut en envisager un retirage, ça fait encore plus plaisir à tout le monde 😉

  8. Yano dit :

    Bonjour

    Excellent article-
    Je viens d’apprendre qu’il faut se faire relire avant d’envoyer son manuscrit.
    Alice ou trouver un beta lecteur ou beta lectrice?
    C’est mon prmier roman et je doute beaucoup

    • Alice dit :

      Bonjour Yano, merci pour le compliment!

      Mon premier conseil: détendez vous! L’écriture doit être un plaisir, pas une source de stress.

      Pour trouver un bêta-lecteur ou une bêta-lectrice, divers sites peuvent vous aider: le forum CoCyclics (http://tremplinsdelimaginaire.com/cocyclics/phpBB3/) est spécialisé dans la bêta-lecture d’oeuvre correspondant aux littératures de l’imaginaire (Science-fiction, fantasy, fantastique). Pour les autres henres, vous pourrez faire un tour du côté du co-lecteurs (http://co-lecteurs.bboard.it/index.php).

      J’ajouterais que n’importe qui peut-être un bêta-lecteur: un ami, de la famille… Nul besoin d’avoir un doctorat en littérature contemporaine! Trouvez seulement quelqu’un qui constituera un bon public pou votre oeuvre et demandez-lui de la lire.

      L’important, c’est que votre bêta-lecteur soit honnête tout en étant diplomate, et qu’il ou elle sache argumenter son propos. Qu’a-t-il aimé? Qu’est-ce qui lui a déplu? Pour quelle(s) raison(s)? De votre côté, sachez garder l’esprit ouvert et accepter la critique. Il y aura forcément du bon comme du moins bon, mais c’est l’occasion de progresser!

  9. Gui-Gui dit :

    Un auteur qui a été publié (à compte d’éditeur) après avoir été refusé cent-soixante fois :

    http://refusdediteurs.webs.com

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