Psychopathologie de ma vie quotidienne…

… ou plutôt de mon écriture quotidienne.

Bon, outre que j’ai honteusement pompé le titre d’un bouquin de Freud, ça fait quelques temps qu’une question me taraude, depuis une discussion sur le forum Atramenta, en fait. La question est: pourquoi écrivé-je?

Je me plais à dire que si c’était d’abord une psychanalyse, c’est devenu avec le temps quelque chose que je partage, une activité qui me permet d’échanger avec les gens, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent.

Sauf que soyons honnête: ce que j’ai appelé jusqu’à maintenant « psychanalyse », c’était une simple crise d’adolescence. Je ne veux pas dénigrer les textes que j’ai écrit à cette époque: ils font partie de moi, de mon « oeuvre » (c’est un bien grand mot mais je ne vois pas par quoi le remplacer), ils correspondent à une partie de ma vie. Mais la psycho thérapie a en fait commencé quand j’ai arrêté d’écrire sur moi et que je me suis mise à créer d’autres univers.

Ces univers, j’ai jusqu’à maintenant été incapable de les développer jusqu’au bout. Les intrigues qui y prenaient place, je les abandonnais en route, et mes personnages dépérissaient dans l’oubli le plus total.

Mon travail sur Demi-fée, à l’image de tous mes autres projets, a été sporadique, entre périodes frénétiques et longues semaines alanguies, à ne rien faire (c’est le cas en ce moment), généralement par découragement ou démotivation. Parce que oui, je suis la pro pour m’auto-flageller, me dire « rohnomdidju-c’est-super-nul-laisse-tomber », ou encore « personne-n’en-voudra-de-toute-manière »… Je n’ai pas confiance en moi, c’est comme ça!

Et puis bon, à force de réfléchir à tout ça, je me suis demandé si la fantasy n’était pas un symptôme de quelque chose. S’il n’était pas temps, justement, de la faire, cette scribo-thérapie. Temps d’écrire sur moi, cette fois, et pour de vrai.  Car si je n’arrive pas à parachever une histoire, quelle qu’elle soit, c’est peut-être parce que je n’ai pas encore fermé le premier livre de ma vie – le tome 1, en quelque sorte.

Je dois admettre qu’en un peu plus de 21 ans d’existence, les choses ont été un peu agitées, jusqu’ici ; quiconque nous connais un peu, moi et mon histoire, vous le confirmera. J’ai bon espoir d’être entrée dans une phase plus stable et plus sereine, mais je ne pourrais pas le faire tant que je n’ai pas clos l’histoire précédente. C’est du moins ce que je crois.

Donc je vais continuer à travailler sur Demi-fée – parce que c’est devenu un de piliers de ma nouvelle vie, justement – mais je vais le faire en même en travaillant sur moi-même. Ca promet des instants mouvementés…

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2 commentaires sur “Psychopathologie de ma vie quotidienne…

  1. CADET dit :

    Oui, je suis sûre que vous allez pouvoir passer au meilleur de vous-même dans l’expression mais il faut, je crois , pour la pleinitude de votre écriture que vous puissiez arracher cette barrière qui vous isole. Vos personnages expriment ce que vous ressentez mais il vous mettent trop en recul par rapport à vos souffrances, vos frustrations. Le passage au « je » serait peut-être, maintenant le bienvenu pour entamer une véritable libération de ce qui blesse à l’intérieur de vous..Les écrivains, les comédiens font tous leur thérapie.Vous avez tout le potentiel qu’il faut pour y arriver. Un prix Fémina l’a fait dans « Où on va Papa », roman autobiographique où il a pu enfin parler de ses deux enfants handicapés (Jean-Louis Fournier). Des sentiments treès forts, très émouvants exprimés avec une sorte d’auto-dérision pudique. Il a crée ainsi son style inimitable

  2. CADET dit :

    C’est normal que vos personnages se délitent dans l’oubli, sans vous ils ne peuvent vivre. Ils constituent trop une sorte de barrière entre vos véritables souffrances et vous.Je me répète : peut-être que le « je » vous aiderait à vaincre l’angoisse de parler de vous en direct. A présent vous avez mûri et vous entrvoyez mieux votre problématique. Il faut franchir le pas. D’ailleurs vous analysez tout cela beaucoup mieux que moi. Et, en plus je n’ai pas votre talent.

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