Site « envie d’écrire », nouveau coup de gueule!

Les propositions à la limité de l’honnêteté sont, dans le monde du livre, très nombreuse. On ne compte plus les « maisons d’éditions » à compte d’auteur ou bien les correcteurs qui pratiquent des tarifs prohibitifs, qui ne sont pas nécessairement gages de qualité, comme le disait Linda Saint Jalmes.

Mais on trouve également de bons sites, généreux en conseils et en bons plans.

Parmi les nombreux cyber-acteurs de l’autoédition, il y en a un que je peine à situer: le site Envie d’écrire. Le concept est simple: aider ceux qui souhaitent écrire à réaliser ce rêve, via des outils et des conseils. Un concept qui me plaisait tellement que je l’ai repris sur mon blog, à une échelle bien moindre.

La mise en application, par contre, est de plus en plus discutable. J’ai apprécié de nombreuses vidéos où des auteurs publiés donnaient leur ressenti sur tel ou tel point du processus d’écriture, et certaines infos m’ont été très utiles. Mais en ce moment, le site multiplie les « roast beef advices », autrement dit les articles tout droit traduits de l’anglais, prodiguant des conseils issus du monde anglo-saxons sans tenir compte des différences qui existent entre les deux systèmes éditoriaux… Et pourtant, elles sont nombreuses. C’est là induire en erreur – sans intention de nuire, du moins je l’espère – bien des auteurs mal informés. Une maladresse involontaire certes, mais bien regrettable pour un site qui espère visiblement devenir une référence du milieu.

Mais il est une partie du site que je n’avais pas explorée: celle consacrée aux prestations commerciales d’Envie d’écrire.

Quand mon amie Sabine, que j’ai interviewée, m’a parlé de cette section, je me suis efforcée d’aborder le concept avec un esprit positif: fournir de bons outils aux auteurs, quoi de plus normal pour un site qui se réclame d’aider à écrire? Oui, mais…

Le diagnostic littéraire, qui est censé apporter « un véritable retour objectif et critique sur l’intégralité [du] texte » est en fait ce que j’appelle une bêta-lecture. C’est la critique complète et argumentée de chacun des points du texte. Autrement dit, c’est ce que proposent les forums CoCyclics et le Co-lecteurs… Gratuitement. De même, un réseau social dédié à l’écriture tel qu’Atramenta  donne l’occasion de lire et de faire lire ses textes, tout en obtenant des critiques – positives ou négatives – sur chacun des aspects. Par exemple, sur Atramenta, on peut donner une critique générale ou sur le fond via les commentaires, apprécier le fond et la forme via un système double notation, et signaler les erreurs grammaticales, orthographique ou de conjugaison via les rapports de fautes.

Tous ces sites sont sans complaisance ; personne n’est là pour se faire mousser ou se faire porter aux nues. Si votre texte est bon, on vous le dit. S’il est moins bon, on vous le dit aussi – sans être blessant, mais avec franchise et fermeté. De plus, les conseils fourmillent – notamment sur les deux forums – et les échanges permettent d’avoir plusieurs points de vue et de choisir celui qui vous convient le mieux. Voilà donc pour la partie « véritable retour ».

Pour ce qui est de la partie « critique et objectif », pardonnez-moi, mais il me semblait qu’il y avait toujours une part de subjectivité dans l’appréciation d’une oeuvre artistique, quelle qu’elle soit. Car oui, nous sommes des sujets et nos préférences influeront toujours sur notre appréciation du fonds d’une oeuvre. C’est comme ça, malgré tous nos efforts, et prétendre le contraire, c’est prendre les clients pour des cons, ni plus ni moins.

Bref, faire débourser entre 470 et pratiquement 1000€ pour une bêta-lecture à des auteurs qui ont des petits moyens, alors qu’ils peuvent obtenir une prestation de qualité au moins égale – si ce n’est supérieure – gratuitement, c’est de l’arnaque pure et simple.

La correction proposée… Aaaah celle-là, dès l’abord, c’était évident qu’il y avait quelque chose de pas très clair. Observons les tarifs présentés: vous avez le choix entre « correction » et « légère réécriture »

D’après mon expérience en IUT métiers du livre, et mes échanges réguliers avec des correcteurs professionnels, la correction d’un manuscrit consiste toujours en une légère réécriture. Parce qu’on a beau être auteur, un fait des erreurs. On utilise des tournures de phrases incorrectes, des mots de sens proche mais pas synonymes, bref, on se plante. Et là, le correcteur professionnel, consciencieux et avec une vraie éthique, ne se contente pas de rajouter les « s » manquant sur les noms au pluriel: il corrige TOUTES les fautes. Autrement dit, si la phrase est mal tournée, il la réécrit. Si le mot est incorrect, il le remplace.

Donc, cher envie d’écrire, de deux choses l’une: soit vos correcteurs – et vous par la même occasion – se foutent de la gueule du monde et font leur boulot à moitié, soit la « légère réécriture » n’est pas si légère que cela, et dans ce cas, il font le travail d’un nègre. Si c’est la dernière solution, nommez donc les choses par leur nom.

Je ne m’attarderai pas sur la prestation « d’accompagnement littéraire », qui, si on lit un tant soit peu entre les lignes, se révèle être la même que celle du diagnostic littéraire… Sauf qu’on étudie seulement certains aspects choisis par l’auteur, au lieu d’évaluer l’ensemble, pour un tarif pratiquement égal. Génial, allez-y, payez donc 10 euros de moins pour 10 fois moins de boulot. Mais sachez que vous vous ferez flouer.

En ce qui concerne l’atelier d’écriture, je ne dirai rien: j’avoue être mal renseignée. Il me semble qu’il est normal que ceux-ci soient payants, et je ne dénie pas leur utilité.

Bref, au final, je suis révoltée par ces offres qui visent clairement plus à s’en mettre plein les fouilles qu’à aider des auteurs qui bien souvent, ont de petits moyens et sont un peu perdus face à l’ampleur de la tâche. C’est de l’escroquerie pure et simple que de proposer des prestations à de tels tarifs sans garantie de leur utilité, alors qu’on trouve les mêmes outils sur le net, gratuitement ou pour moins cher, auprès de personnes ou d’organismes qui ont déjà fait leurs preuves.

Alors, chers auteurs, si vraiment vous cherchez des aides, je vous suggère d’aller faire un tour sur le forum CoCyclics (qui a déjà mis en contact de nombreux auteurs avec des maisons d’édition, leur permettant ainsi d’être publiés et distribués dans la France entière), le Co-Lecteur, Atramenta, et bien sûr, la section autoédition de ce blog! SI vous préférez un support papier plutôt que net, je vous invite à vous procurer le livre Ecrire, de la page blanche à la publication, de Marianne Jaéglé, dont parle fort bien Charlotte Boyer sur son blog. Un excellent outil qu’elle avait trouvé via… le site Envie d’écrire! Non, il n’y a pas que du mauvais chez eux. Mais grosse, grosse colère et déception sur ce coup-là!

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28 commentaires sur “Site « envie d’écrire », nouveau coup de gueule!

  1. J’ai préféré arrêter le dialogue avec ce site, car je crois que j’allais sortir de mes gonds. Mais je pense que ce qui est le plus révélateur, c’est une de leur phrase « Ne vous inquiétez pas, il y a du travail pour tout le monde » : désolée, enviedecrire, mais ce n’est pas un travail pour moi, c’est une passion et je pense que c’est ce qui nous différencie.

  2. Jo Ann v. dit :

    C’est vrai que les forums sont là pour faire de la bêta-lecture mais il faut voir deux aspects : ni tout le monde apprécie la façon des forum et/ou on ne peut pas arriver « j’ai un roman à bêta-lire » et être exaucé aussitôt.
    Personnellement, je fais de la bêta-lecture et de la lecture tout court (avec synthèse d’une dizaine de pages). Je ne pense pas arnaquer. 😉 Diagnostic ? Non. Je donne mon avis de lectrice et correctrice (c’est moins cher qu’une bêta).

    Mais j’ai cessé de suivre EdE. Je suis toujours d’avis qu’on peut faire une plateforme plus appropriée.

    • Alice dit :

      Je comprends et j’approuve ton argument concernant le fait qu’en payant, on peut avoir une bêtalecture immédiate et dans un temps donné. Le gros souci des bêtalecteurs bénévoles, c’est qu’on n’en trouve pas forcément, et quand on en trouve, ils peuvent mettre du temps à renvoyer leurs observations car ils prennent sur leur temps de loisir.

      Mais pour moi, l’intérêt des bêtalectures c’est qu’elles soient multiples: comme je le dis dans l’article, un avis est forcément un peu subjectif, et même quand les gens s’efforcent d’être objectifs, leurs avis diffèrent grandement, et pourtant deux avis opposés peuvent avancer de bons arguments… Tu l’as vu toi-même sur CoCyclics ou bien sur le Co-Lecteurs! Ainsi, on peut écouter les arguments de part et d’autres, et faire son choix en fonction de la ligne principale qu’on veut attribuer à son texte. Car si personne n’a la science infuse, en définitive, c’est toujours l’auteur qui doit décider… Et c’est aussi cela qui me gêne dans l’offre d’envie d’écrire: ils se posent en « professionnels », donc ils ont
      « forcément raison »… Alors que l’avis d’un bêtalecteur doit toujours être humble et nuancé.

      De plus, comme tu le dis, les tarifs sont très élevés pour une prestation à mon sens incomplète…

      • Jo Ann v. dit :

        Mon offre part d’une demande ou d’une façon de voir les choses. Pour une bêta, je vais peut-être t’étonner puisque je suis sur CoCy et CoLecteurs, mais je préfère être en tête-à-tête avec mon bêta-lecteur plutôt que de publier sur un forum. Tout dépendra de l’auteur, de sa façon de faire.
        La bêta n’est pas mon gagne-pain, je suis juste disponible si on en veut. 🙂

      • Alice dit :

        Oui, je comprends le besoin de tête à tête… Mais tu peux vouloir plusieurs bêtas quand même!

      • Jo Ann v. dit :

        Bien sûr !
        Un de mes objectifs, d’ailleurs, et d’avoir quelqu’un pour faire les bêtas avec moi. (Je peux partager mes cacahuètes. :-))
        On verra bien.

  3. Je suis très contente de lire cet article… C’est du grand n’importe quoi, leurs prestations. J’ai failli faire moi-même un article, mais ça aurait été le troisième pour critiquer ce site, et certains auraient pu croire à une vendetta ^^
    Les tarifs sont aberrants, et il faut bien se dire un truc : quelqu’un qui va débourser ce tarif-là pour avoir un avis sur son roman, il y a bien des chances qu’il débourse le double voire le triple ensuite pour se faire publier par une maison à compte d’auteur…
    Je ne connaissais pas ton blog, je suis contente de l’avoir découvert, je vais faire un petit tour et lire tes articles 🙂

  4. J’ai été très surprise aussi par les prestations d’envie d’écrire même si je pense qu’il est normal de faire payer un travail d’une telle ampleur. Ce qui me gêne, ce sont les prix qu’ils annoncent. Ils veulent dire « avec nous ce sera parfait » mais ça m’étonnerait !!
    Pour ce qui est de Marianne Jaéglé, je confirme : elle est incroyable ! Son livre, c’est LE livre à avoir pour garder confiance et volonté.
    Dernière chose au sujet des forums de bêta-lecture : je n’y vais pas car il faut le faire aussi. Honnêtement, je me trouve incapable de juger à fond l’écrit d’un auteur. Je l’ai fait à la fac si on peut dire mais là, il s’agit de personne « comme moi ». Et puis c’est une tache immense et n’en ai pas le temps. Déjà que pour mes écrits, c’est limite zéro motivation…
    Voilà, j’ai parlé et je vais me coucher parce qu’il est taaaaard 🙂
    Bisous à tous, bisousss Alice !

    • Alice dit :

      Ouuups! Je vient de voir ton commentaire!

      Oui, moi aussi je trouve normal qu’on fasse payer une correction, tout travail mérite salaire. Mais premièrement, comme tu le dis, le tarif est prohibitif, et secondement cette distinction « correction »/ »légère réécriture » me choque! S’ils font leur travail correctement, cette distinction n’a pas lieu d’être!

      Bisous la miss!

  5. Dans la liste des sites qui permettent d’avoir des retours sévères et détaillés mentionnons aussi Scryf (http://www.scryf.fr).

    Moi, Envie d’Ecrire j’ai laissé tomber. Jamais trouvé grand chose qui vaille vraiment le coup, ou alors en prenant le contrepied. Quant à la manie de nous refourguer des traductions d’articles qui se sont contentés de traverser l’Atlantique ça ne date pas d’hier, et cette paresse me laisse à la fois pantois et dubitatif sur les prétentions du site. Se retrouver partenaire du Salon du Livre de Paris, si c’était un gage de qualité ça se saurait (un éditeur comme Le Manuscitchscratch est bien partenaire de… oh je préfère ne pas y penser), et avoir trois dizaines de milliers de badauds sur le site non plus. Visibilité n’est pas synonyme de sérieux…

    • Alice dit :

      Oh, merci pour le lien Jean-Christophe, je ne connaissais pas ce site! C’est génial, j’adore!

      Effectivement, envie d’écrire ne vaut pas le coup et leurs arguments sont pitoyables, le souci c’est que les premières réactions à leur annonce ont été enthousiastes… Je n’aime pas savoir que des gens vont débourser des sommes pareilles pour un travail sans garantie!

    • XYP dit :

      Apparemment ce site n’existe plus.

  6. Shangry dit :

    Tout le monde, ou presque, possède l’envie d’écrire. Ils sont rares, ceux qui n’ont jamais tenté de se poser devant une feuille de papier vierge avant de la noircir d’une prose parfois poussive, parfois délicieuse.
    Tout le monde veut être écrivain. Tout le monde ne peut pas être écrivain. C’est une réalité, elle est dure, et fatalement, certains refusent cette vérité. Avoir envie d’écrire, c’est très bien, mais quand on n’est pas fichu d’écrire trois mots à la suite sans faire une faute, quand on ne sait pas décrire ou conter, créer des images, quand les relectures nous lassent ou nous paraissent facultatives, on devrait se poser quelques questions. Il y a des choses qui s’apprennent, d’autres qui s’acquièrent avec le temps et l’expérience. Mais certaines doivent être innées, comme le goût de la narration, et le respect de son lecteur potentiel.
    Les sites comme « envie d’écrire » s’adressent souvent à ce genre d’auteurs qui voudraient écrire mais ne s’en donnent pas les moyens, ou ne les ont pas à la base. C’est un moyen d’y croire, de dire « personne n’est mauvais, on peut tous devenir bon, à force d’essais et d’efforts ».
    Or c’est faux, il existe de mauvais auteurs, des auteurs exécrables même, des gens qui, même s’ils écrivaient toute une vie, ne produiraient jamais rien de bon. Il faut arrêter de se voiler la face, il en est de même pour tout. Ce n’est pas grave dans l’absolu, mais parfois il faut cesser de rêver.
    « Envie d’écrire » fonctionne de la même façon que l’édition à compte d’auteur, à savoir : « Tu ne sais pas écrire ? Pas grave. File-nous ton pognon et on te donnera le sentiment que tu as été bon, au moins une fois, et que tu progresses ».
    Certains écrivent, d’autres font du business. Il appartient à l’auteur débutant de faire le distingo de façon rapide et d’intégrer cette notion capitale : le monde de l’écriture n’a rien d’un Disneyland pour celui qui s’y aventure. Les contrats d’édition ne sortent pas d’un chapeau, votre niveau d’écriture ne s’améliorera qu’en fonction de votre travail. Si victoire il y a, elle vous appartiendra. D’une façon générale, je me méfie de ces « sites de critique » où l’on tente de reforger votre texte avec des idées qui ne sont pas les vôtres. Ou pire, avec des idées toutes faites. Un jour, j’ai soumis les premiers chapitres d’un texte de fantasy à l’un de ces sites. Le héros traversait une plaine désertique, et je mettais l’accent sur l’âge et le passé du personnage. On m’a reproché aussitôt de ne pas mettre une scène d’action, car bien sûr « les livres de fantasy commencent souvent comme ça ». On m’a également reproché « d’inventer des mots ». Tous ceux incriminés existaient bel et bien, mais mon vocabulaire doit dépasser les 150 noms communs de base en vigueur chez certains, ceci explique cela.
    Si encore l’idée venait d’un éditeur qui est prêt à me publier, je ferais mon possible. Les concessions, je veux bien en faire. Mais modifier une seule ligne d’un texte que j’ai maintes et maintes fois relu, réécrit, modifié pour plaire à mon lecteur, sous prétexte qu’un crétin imbu de lui-même et devenu critique faute de savoir faire rêver son prochain, je m’y refuse.
    Mon conseil : il est bon de chercher l’avis des autres, mais trouvez d’abord le vôtre. Soyez honnêtes avec vous-même, et vous ne tarderez pas à voir ce qui est bon où à jeter. Ensuite, une fois que vous aurez su donner une certaine valeur à votre texte, cherchez l’avis des autres -sans vouloir leur plaire à tout prix. Il n’est pas toujours aisé d’obtenir l’avis objectif d’un proche, mais on a tous des connaissances qui ne demandent qu’à nous lire et à nous dire ce qu’elles pensent. Les conseils les plus précieux viendront de ces personnes, souvent étrangères au milieu littéraire professionnel, car elles représentent dans l’immense majorité votre futur lectorat.

  7. Eric Guibert dit :

    Pourquoi dîtes-vous que ces prestations sont de l’arnaque ? Elles viennent d’être mises en place et je n’ai trouvé aucun retour d’avis consommateur effectif.

    Pour ma part, je suis lecteur professionnel pour une grosse maison d’édition parisienne (comprendre que je sais vraiment de quoi je parle – car je m’excuse mais beaucoup de commentaires ont été laissés par des gens qui ne savent pas mais « pensent » savoir).
    Prenons un exemple concret : je viens de lire un texte arrivé par la poste : l’intrigue est intéressante et vaudrait le coup mais c’est super mal écrit (tournures emphatiques, refus d’affronter certaines difficultés logiques donc emploi de facilités non crédibles…). L’auteur, on le sait tous, puisqu’il a simplement envoyé son roman au « comité de lecture » recevra une lettre type « votre texte n’entre pas dans le cadre de ce que nous souhaitons publier. »
    Aucun professionnel ne lui dira jamais ce qui vraiment serait à reprendre. Et plus généralement, la majeure partie des gens qui écrivent n’ont pas la chance de connaître quelqu’un qui a la « conscience de la dramaturgie ». Tout le monde peu dire qu’il aime ou n’aime pas, mais expliquer pourquoi on n’accroche pas à un récit, c’est beaucoup plus difficile. C’est une compétence qui s’acquiert en général au fil de longues études. Et comme vous le dîtes si bien : tout travail mérite salaire.
    Alors oui, c’est vrai, les prestations d’envie d’écrire sont chères; mais peut-être que c’est tout simplement le prix.
    A vue de nez, disons qu’un retour exhaustif sur un texte de 150 pages prend deux à trois jours complets. Sur les 470 €, entre la TVA et les frais de fonctionnement, je pense qu’on peut en retirer 170, pour que le calcul soit plus simple. Il nous reste donc 300 €. Ce qui nous fait 150 à 100€ / jour de travail. Pour un professionnel, qui a comme tout le monde appris son métier et dû faire ses preuves (j’avais vu passer l’annonce de recrutement d’envie d’écrire, des références étaient exigées) est-ce vraiment exagéré ?
    Franchement je ne pense pas, je trouve même que ça mériterait plus (mais à mon avis ce serait vraiment prohibitif pour les clients) ; et dîtes-vous bien à titre de comparaison que dans le cinéma, une séance de consultation sur un scénario va chercher facilement dans les 5000€…

    Après, c’est sûr que ça ne garantit rien et que 470€ pour un retour, même pro, il faut avoir envie de les mettre.
    Mais le service peut être utile (chacun décidera s’il en a besoin) et malheureusement, c’est ce que ça coute (et je répète que ça devrait coûter plus cher). Je trouve donc ça légèrement abusé de crié à l’arnaque.
    Attendons de voir les avis de personnes qui auront eu recours à ces services, à la rigueur.

    • Alice dit :

      Bonjour et merci de votre avis argumenté.

      Peut-être me suis-je mal exprimée, auquel cas c’est l’occasion de remettre les choses à plat:
      Ce que je conteste, ce n’est pas l’utilité des divers services proposés. Une relecture ou une correction sont toujours utiles, et même nécessaires, avant de soumettre un texte à un éditeur. Ma propre expérience au comité de lecture d’une maison d’édition – car non, vous n’êtes pas le seul ici qui sait de quoi il parle – me fait approuver vos dires: beaucoup d’auteurs feraient mieux de se faire relire avant d’envoyer leur manuscrit. Cela ne leur permettrait peut-être pas d’être édités, vu le nombre impressionnant de gens qui écrivent aujourd’hui, mais cela leur permettrait au moins de se corriger et donc de progresser en tant qu’écrivain.

      Ce que je conteste, ce sont les tarifs – prohibitifs, oui, car on en trouve de bien moindres ailleurs, pour des prestations d’une qualité au moins égale – et le point de vue des gérants du site. Et ce n’est pas parce que dans le cinéma, les tarifs s’envolent, que faire monter les prix est forcément une bonne chose.

      Les derniers articles d’Envie d’écrire sont de plus en plus contestés dans la sphère littéraire, en ce qu’ils s’orientent vers une vision anglo-saxonne et américaine de l’édition. Notre système éditorial est bien différent, vous êtes bien placé pour le savoir. Donc, traduire directement de l’américain des articles applicables aux USA mais pas en France, sans chercher à les adapter ni à les commenter, relève de la fainéantise ou de l’arnaque, au choix. J’ose espérer que ce n’est « que » la première option.
      De plus, les articles sont mal titrés, mal illustrés, mal construits – et avouez que pour un site qui revendique la participation de professionnels du livre, confondre « ebook » et « liseuse », ou encore « tablette » et « liseuse », c’est un peu grave.

      Pour qui est un peu renseigné, il suffit de peu de choses pour s’apercevoir qu’Envie d’écrire se relâche. Ce qui est bien dommage, car comme je le dis dans mon article, je salue bien bas la démarche originelle. Mais avec l’orientation prise ces derniers temps, ma confiance s’émousse et je ressens plus de vénalité que de volonté d’entraide ou de professionnalisme.

  8. Merci de votre commentaire si élogieux sur mon livre, Alice !!
    Et merci encore à Charlotte Boyer de le faire ainsi connaître.
    amicalement
    MJ

  9. XYP dit :

    Bonjour.

    Merci pour cet article. j’avais déjà pris contact avec eux et j’étais en train de me tâter sérieusement pour dépenser 840 Euros dans leurs services, mais votre article m’a stoppé Net.

    Le problème est que le scribouillard lambda que je suis n’a pas fait d’IUT dans l’édition, ni Lettres Modernes. Donc forcément ma prose sera terriblement exécrable, avec des fautes partout, des lourdeurs etc.

    J’avais tenté de faire lire ma première nouvelle à une voisine anciennement prof de Lettres et, étrangement, quelques mois plus tard j’ai retrouvé le thème de ma nouvelle et quelques passages entiers dans les lignes rédigées par son propre fils. Donc exit cette solution.

    J’avais aussi prévu de le faire lire à ma soeur qui, comparée à moi, est bardée de plusieurs diplômes dans le domaine littéraire, mais – trop consciencieuse – je sais qu’elle a plutôt tendance à annoter chaque ligne (je pense à une nouvelle d’une de ses amies), ce qui l’a amenée à prendre plusieurs années pour fournir une critique intégrale. Donc exit.

    Reste quoi ? Dévoiler l’oeuvre (ça fait du bien d’écrire ce mot) sur un forum ? Ma petite prose m’a pris 2 ans et demi à pondre, je n’apprécierai pas trop que l’on crache dessus et qu’on bande les biceps devant moi en me disant que je suis un nullard (je le sais) comportement trop souvent à déplorer sur les fora. Je cherche plutôt des conseils, une aide sérieuse, pour faire en sorte que mon « torchon » puisse intéresser et donner du plaisir à être lu. Enfin, concernant ces fora, je me demande quels yeux la liront, avec quelles réelles intentions ?

    Votre article me fera donc probablement économiser 840 Euros, certes merci beaucoup (!), mais désormais je me sens encore plus paumé qu’avant.

    Bonne soirée et merci pour votre aide (et toutes mes excuses pour les fautes : lorsque j’écris avec passion ou que je me relis dans ce même état d’esprit, alors je ne les vois pas).

    • Alice dit :

      Bonsoir,

      Effectivement, il n’est ps évident de dévoiler sa prose sur un forum dont on ne connait rien.

      Toutefois, sachez que premièrement, vous ne pourrez pas dévoiler l’intégralité de votre oeuvre, seulement un extrait ; que, de plus, la bienveillance est obligatoire sr ces forum et que donc personne ne « crachera » sur vos écrits.
      Le risque existe, bien sûr, de se faire « pomper » son texte. Toutefois, j’ai côtoyé beaucoup d’auteurs et ce n’est arrivé à aucun d’entre eux.

      Parfois, malgré la difficulté du geste, il fuat savoir se lancer ! 😉

  10. Je tenais à réagir à cet article qui date un peu. Je viens de faire appel à « enviedecrire.com » pour le diagnostic de mon premier roman.

    Le diagnostic a été fait par Fabrice Bourland (un romancier édité chez 10/18).

    Je suis plus que satisfait du professionnalisme d’enviedecrire.com (respect parfait du délai) et du diagnostic fait.

    Je ne comprends pas, en outre, comment on peut s’insurger quand au paiement (plus qu’honnête) d’un tel service, qui plus est, se révèle être de qualité.

    Faire un diagnostic sur une oeuvre aussi dense qu’un roman (dans mon cas 180 pages en format A4) représente beaucoup de temps, et une synthèse peu évidente.

    Il n’y a que par amateurisme qu’on peut s’indigner de cela et remettre en cause un tel service.

    Je ne peux, a mon échelle, que conseiller enviedecrire.com

    Benjamin Cappelletti
    http://benjamincappelletti.com/
    Showreel : https://vimeo.com/59345162

    • Alice dit :

      Bonjour Benjamin,
      Ma réponse est décalée de deux ans néanmoins j’espère qu’elle vous parviendra.

      Mon souci ne concernait en rien le fait de faire payer une correction.
      C’est en effet un travail considérable qui mérite rémunération, et je suis ravie qu’il ait été bien fait dans votre cas.
      L’élément qui me posait problème venait d’une décalage sérieux entre les conseils gratuits prodigués sur le site (« roast beef advices », peu adaptés au monde de l’édition française) dont la justesse pouvait être remise en question, et le prix des prestations proposées, censes être professionnelles. Les rticles manquaient de professionnalisme et les tarifs étaient très élevés, ce qui me faisait douter du sérieux de la prestation.

      Je me suis apparemment trompée, et j’en suis ravie pour vous!

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