On n’avance jamais seul

Je n’ai pas forcément pour habitude de rédiger des articles de ce genre ; trouver les mots justes pour remercier tous ceux qui le méritent est un exercice difficile, et j’ai peur de ne pas me montrer à la hauteur de la tâche.

Il y a deux jours, j’ai publié un article « bilan » ; petite tradition de fin d’année à laquelle je me plie d’habitude sans plaisir, mais qui m’a satisfaite, pour une fois… Car l’année 2012 a été très riche. La publication de cet article m’a amené 117 visites pour 36 visiteurs uniques, contre environ une quinzaine de visites pour 5 à 10 visiteurs uniques les jours calmes et sans publication.

D’accord, par rapport à ce qu’on peut voir sur la blogosphère, ça peut sembler n’être rien. Mais pour moi, c’est énorme. Ça signifie, tout d’abord, qu’il y a une petite dizaine de personnes, sur cette planète, qui est suffisamment intéressée par ce que je fais pour venir faire un tour par ici tous les jours, même s’il n’y a rien de nouveau, juste pour jeter un œil, relire des articles, cliquer sur les liens, etc. Il y a également quelques personnes qui n’avaient jusque-là jamais entendu parler de moi et qui ont tapé une recherche les ayant amenés ici – et j’espère sincèrement qu’ils y ont trouvé ce qu’ils cherchaient.

Cela montre, aussi, que mon actualité fait tripler mes visites (note pour moi-même: cette année, essayer d’être plus régulière dans mes publications) et que ce que je raconte est donc intéressant, au moins pour une sphère restreinte.

Tout ça, je savais que c’était important pour moi. Que j’aimais les échanges, les contacts, les rencontres qui avaient lieu chaque jour sur le net. Les gens que je retrouve régulièrement et qui ont toujours des remarques intéressantes à me faire. Mais je n’ai réalisé que récemment quel effet cela avait eu sur moi.

Je vous replace le contexte, histoire que vous compreniez : il y a deux semaines, passage dans une grande enseigne culturelle – oui, je voulais encore m’acheter des livres -. Mon homme m’abandonne dans mon rayon et va faire un tour ailleurs, il sait que je suis longue à faire mon choix et assez difficile, autant qu’il aille voir de son côté ce qui l’intéresse. Finalement, je ne trouve rien qui me satisfasse et je le retrouve au rayon ésotérisme, en train de discuter avec le représentant d’une petite maison d’édition, venu faire la promotion de leurs ouvrages. Je les laisse discuter du livre dont ils parlaient – un ouvrage de numérologie – mais le commercial, connaissant bien son métier, essaye de m’inclure dans la conversation. Il me dit « tenez, on va faire un test avec votre prénom, mademoiselle, comment vous appelez-vous? « Alice » commençant par la lettre « A » et celle-ci étant lié, en numérologie, au nombre 1, nous allons à la page concernée. Il s’avère que le nombre 1 est associé au rayonnement, à l’affirmation de soi, entre autres. Le commercial me demande si effectivement, je suis quelqu’un qui sait s’affirmer – ou qui, au contraire, ne l’ose pas – et je bredouille une réponse vague. Là, le commercial commence à se dire qu’effectivement, il serait bon que j’apprenne à m’imposer un peu. On voit qu’il ne me connaît vraiment pas bien, mais passons.

Un peu lassée par le commercial qui ne voulait plus nous lâcher, je décide de faire dévier la conversation vers un milieu qui m’intéresse plus spécifiquement, je vous le donne en mille : l’édition. Je prends un livre sur la table, lis le nom de la maison et lui pose quelques questions. Étonné, l’homme répond gentiment, puis me demande si je m’y connais un peu. Il se trouve que oui, c’est mon domaine. « Ah, et qu’est-ce que vous faites exactement? » et là je lui parle de mon blog, de mes textes, de ma publication prochaine, mais aussi d'[Espaces Comprises] et de mon DUT avorté. L’homme est impressionné, en revient à sa numérologie, me dit que je me mets à rayonner, dès que je parle de ce que je fais. Grand sourire de ma part.

Quel est le rapport, me demanderez-vous, entre ce représentant, au demeurant fort sympathique, et vous, lecteurs ? C’est bien simple, à l’époque de la création de mon blog, il ne me serait jamais venu à l’idée de dire à un parfait inconnu que j’écrivais – et encore moins d’affirmer, dans mon immense vanité, que j’avais « participé à créer un site de conseil aux auteurs » -. Je n’étais pas assez sûre de moi, pas assez sûre de mon intérêt, de ma valeur, en quelque sorte, pour dire ça. J’aurais eu peur qu’on se moque de moi, qu’on me prenne pour une ado rêveuse – ce qui n’était pas faux, et est d’ailleurs toujours un peu vrai – et qu’au final, je me ridiculise. Désormais, j’ose.

Il y a sans doute des gens pour se dire que je prends mes rêves pour des réalités et que je vise trop haut pour ma propre envergure. Peut-être ont-ils raison. Mais peu m’importe : il y a dix personnes sur cette planète qui sont suffisamment intéressées par ce que je raconte pour y prêter attention, et rêver avec moi.

Alors merci. Merci de me suivre, de me lire, de m’accorder un peu de votre attention. Merci de m’avoir fait grandir et évoluer, en tant qu’auteur mais aussi en tant que personne. Je sais où je vais et c’est grâce à vous, et je ne vois pas comment je pourrais vous le dire autrement. Sur le chemin qui mène des poèmes d’ado aux textes d’un auteur adulte, vous m’avez tenu la main, et j’espère pouvoir vous le rendre un jour.

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Cette entrée a été publiée dans Projets, psy.

17 commentaires sur “On n’avance jamais seul

  1. C’est tout mignon comme article :).
    Bon courage et persévérance dans l’écriture et bonne année à toi 🙂

  2. C’est un peu ce que je me dis aussi, même si j’ai toujours l’impression d’être une usurpatrice, un imposteur, et qu’à tout moment, quelqu’un peut débarquer et me dire : « Non, mais tu te crois où, là, retourne dans ta cuisine et laisse faire les pros ! »
    Quand on écrit, se rendre compte que quelques personnes nous lisent par réel plaisir, sans y être obligées, c’est un cadeau du ciel, c’est merveilleux. 🙂

  3. Jo Ann v. dit :

    Je ne sais pas si dans cette situation, j’aurais su m’affirmer. Alors bravo. 2013 n’est que le début de la concrétisation. ♥

    • Alice dit :

      Merci! ❤ J'espère bien que ce n'est que le début! Mais bon, gardons les pieds sur terre – même si j'ai la tête dans es nuages -, le chemin est encore long. En tous cas, j'aurais réussi à parler d'[EC] au passage! :p

  4. Nous vivons dans un monde qui se veut pragmatique et cartésien. Pour beaucoup, il ne peut exister d’autres voies que celles de la raison et de la logique communautaire.
    Il est amusant d’ailleurs de constater que même en ce qui concerne leurs rêves, les gens se posent facilement des limites et des restrictions. De nos jours, les gens n’osent plus, ou rarement. Il choisissent d’aimer une personne qui correspond à un standard. Ils suivent la mode. Ils regardent la télé, pour en causer au bureau. Ils se moquent des mêmes choses que tout le monde.Ils sont consensuels jusque dans leur révolte (wesh, j’écoute du rap, je remonte la jambe de mon jogging, je suis un rebelle formaté imité par des dizaines de milliers comme moi).
    Je pense que pour toutes ces raisons, les auteurs et aspirants auteurs fascinent. Les chances de gain sont faibles, les chances de faire fortune sont infinitésimales, Ce sont des heures et des heures de travail pour quelques lignes sur un bout de papier. C’est un boulot dur et ingrat. A notre époque, où tout se doit de paraître facile, évident, la voie de l’auteur ne semble mener nulle part. Pourtant, les mots de l’auteur, quand il est bon, te touchent et te restent en tête.
    Ne cherche pas plus loin la raison de la fascination de ceux qui te suivent, Alice. Pour un auteur qui aboutit à quelque chose de publiable, ce sont des dizaines qui se consolent en s’offrant un compte d’auteur -mais personne n’est dupe- et des centaines qui se bercent d’illusions, sans avoir ni les moyens techniques (non les correcteurs ne sont pas là pour pardonner toutes vos fautes) ni la volonté d’aller au bout de leurs idées.
    En ce qui me concerne, si je te suis depuis que j’ai découvert ton blog, c’est que j’ai pressenti un réel amour des mots, un respect du lecteur, et une sincérité dans l’écriture. Tu le prouves dans ce billet. Sans ces trois points vitaux, un auteur ne peut émerger, il lui manquera toujours quelque chose. On peut s’extasier de ses propres progrès et se lancer des fleurs, mais un auteur qui écrit pour lui-même ne comblera que lui-même, et il est vain d’espérer que ses mots atteignent d’autres coeurs que le sien.
    Bref, Alice, si Arismapes est publié -ce que je te souhaite de tout coeur !- ne laisse personne te dire que tu as eu de la chance. Tu sais ce qu’il en est, tu connais les heures passées devant la page blanche, la frustration de ne pas trouver de moyen pour décrire exactement ce que tu imagines, et la joie quand les mots semblent couler de source. Et cette fascination que tu soulèves autour de toi n’est sans doute que le début. En devenant une auteure publiée, et même en poursuivant ce but, tu réalises le rêve de tous ceux qui n’osent pas, n’ont jamais osé, n’oseront jamais, par manque de talent ou défaitisme consensuel.
    Je l’ai déjà dit, je le répète : « Tout le monde veut être écrivain. Tout le monde ne peut pas être écrivain. ». Quand on choisit d’écrire avec pour but de se faire publier, pas pour gagner des sous mais pour faire partager ces oeuvres dans lesquelles on place nos mots, nos ressentis, nos rêves et nos cauchemars, au plus grand nombre, on ne peut pas se permettre de faire les choses à moitié. Il faut tout donner à son texte, quitte à sacrifier quelques bonnes choses en chemin.
    Du chemin, tu en as déjà fait, et je pense que ce n’est pas fini. Continue, on te surveille 😉

  5. Je n’aurais jamais osé non plus ! Les commerciaux, dans la majorité des cas, m’insupportent et généralement, je les abandonne au milieu de leur discours !

    En tous cas, il s’agit d’un très bel article dans lequel on sent ton épanouissement. Je te soutiens complètement et j’espère te lire plus souvent ici ou ailleurs.

    • Alice dit :

      Merci beaucoup Charlotte! Oui, je t’avoue que le speech sur ses livres à vendre, euh… Mais bon, j’ai eu l’occasion de parler un peu avec lui des challenges des petites maisons d’édition, c’était intéressant!

      Promis, je vais essayer de publier plus souvent sur mon blog cette année, 2012 a été un peu chaotique de ce côté-là! Et j’espère également te lire bientôt, pour un deuxième volume d’Adrien Poche et un premier roman bientôt!

  6. danielle dit :

    Ecrire pour soi ou pour les autres, ce n’est pas du tout la même chose et être lu c’est aussi s’exposer.
    Des blogs, il y en a d’autres, il y en a tant, si on s’attache à celui-ci, ça doit être pour de bonnes raisons: une petite entraide, de l’intérêt, de la curiosité. C’est déjà une histoire à laquelle nous sommes conviés. J’aime bien cette histoire.

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