Interview de Linda Saint Jalmes (auteur)

Linda Saint Jalmes est l’auteur autoéditée de la Trilogie des Enfants Dieux, dont les trois livres sont disponibles sur Amazon.

Pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour Alice 🙂

Je suis donc Linda Saint Jalmes, une passionnée de lecture, d’aventure, et de féérie. Je suis une fan inconditionnelle de Tolkien et une rêveuse à temps plein. Je suis Alsacienne de par mon père et Bretonne de par ma mère… c’est le côté breizh qui prédomine pourtant dans ma personnalité. Je suis une fille de la mer. J’aime surtout rire et transmettre ma touche de folie.

Pourquoi avoir choisi l’auto-édition ?

Je ne l’ai pas choisie, c’est venu comme ça. En fait, mon roman Terrible Awena ne devait pas être publié. J’ai servi de cobaye pour un reportage dans un forum. Je devais montrer à tout le monde, le parcours à accomplir vers les maisons d’édition. Au fur et à mesure, je postais les réponses de celles-ci, je mettais le doigt sur les fausses maisons d’édition qui acceptent les manuscrits, mais demandent 3500 € pour les maquettes de couverture ou l’achat des cent premiers romans, et pour finir j’ai testé les diverses plateformes pour l’auto-édition.

BoD a été une surprise totale, ainsi que le succès immédiat qu’Awena a rencontré.

Comment t’es-tu organisée pour la création (artistique et matérielle) puis la promotion de ton livre ?

Pour le manuscrit, j’étais entourée de connaissances qui s’y entendaient un peu en édition. La première correction a été faite par un ami prof de français… la cata. Il restait d’innombrables fautes et coquilles (je vous conseille sincèrement de vous diriger vers de vrais correcteurs, des pros ou d’investir dans le programme Antidote pour épurer un maximum).

Heureusement, une correctrice travaillant pour une maison d’édition s’est jointe à notre groupe, a totalement repris en main le manuscrit, elle m’a appris les règles de l’édition (il y en a beaucoup) et de la mise en page.

Du coup, après mon passage à lulu, riche d’un roman mieux construit, j’ai validé l’inscription chez BoD. Vous connaissez la suite.

Je n’ai jamais fait de pub, tout est venu du bouche à oreille via les blogs, FB et les forums. Quand je dis ça, beaucoup de personnes ont du mal à le croire, pourtant, c’est la vérité. Je pense que nous avons tous des anges gardiens, et le mien voulait qu’Awena se fasse connaître.

Quelle étape a été, pour toi, la plus facile ?

La création de la couverture, mdr ! Le dessin m’apaise, me vide l’esprit et me met en joie. Pas de stress à ce moment-là.

La plus difficile ?

La honte de découvrir des fautes après la première publication… On a envie de creuser un trou et de s’y enterrer pour des siècles !

Quel est le vecteur de promotion le plus efficace pour tes livres ? (Évaluation sur les sites de vente en ligne, dépôt en librairie, bouche à oreille, chroniques sur les blogs…)

1- Le bouche à oreille !

2- Les commentaires en ligne.

3 – La presse et les journées dédicaces.

4- Les salons.

Ça, c’était au début, après, ce sont les fans eux-mêmes qui ont porté Awena  et le reste de la saga sur le podium. Le tome 1, Awena, va bientôt fêter ses deux ans, alors qu’il est connu qu’un livre en auto-édition, s’il a du succès, ne reste pas plus de 8 mois dans le circuit littéraire.

Selon toi, y a-t-il un public particulièrement intéressé par les œuvres auto-éditées ? Si oui, pourquoi ce type d’œuvres plutôt que celles issues du circuit traditionnel ?

Non, je suis certaine qu’en règle générale, l’auto-édition reste sur une liste noire des lecteurs. L’étiquette est lourde à porter en auto-édition et beaucoup de salons, aujourd’hui, refusent les romans de ce circuit à l’inscription des prix.

Il y a plusieurs points dans l’auto-édition, qui peuvent expliquer cela :

–                    Tout le monde, via ce genre d’édition, peut devenir “ écrivain ”.

–                    Les manuscrits, pour la plupart du temps, ne sont pas corrigés ou soignés (ce n’est pas toujours la faute de celui qui écrit, il faut, de plus, avoir les moyens de payer un correcteur : 1500 à 2000 €).

–                    Les prix à la publication sont souvent exorbitants, soit parce que la marge voulue par l’auteur est trop gourmande et dépasse les 14 %… soit parce que la plateforme d’édition place sa barre de marge trop haute (c’est le cas chez BoD : un roman de plus de 350 pages = plus de 21€ nets dans les poches de BoD). L’un dans l’autre, en auto-édition, il est impossible de rivaliser avec les prix bas que proposent les maisons d’édition comme Bragelonne, Hachette, etc.

Le mot de la fin ?

L’auto-édition n’est pas une poubelle, il y a des trésors de manuscrits qui méritent d’être connus.

Pour les auteurs qui veulent tenter leur chance, entourez-vous de personnes de confiance, qui connaissent les règles de l’édition, il y a des forums qui proposent ce genre de services, n’hésitez pas. Ne soyez jamais nombriliste, votre manuscrit n’est pas le meilleur du monde (avec cette idée, vous risquez de faire un remake de Titanic ! ), travaillez les points que l’on vous indique, faites lire (pas à la famille, mais à des inconnus) à un bon panel de lecteurs.

Une fois que tout cela sera fait…

Lancez-vous !

Je vous souhaite simplement de vivre la même aventure que moi et surtout, si le succès se présente, restez tel que vous êtes. La grosse tête ne paye pas, bien au contraire.

Un jour, ce sera vous qui donnerez des conseils comme moi actuellement, en espérant que les miens puissent aider d’autres auteurs.

Amitiés

Linda Saint Jalmes

29 commentaires sur “Interview de Linda Saint Jalmes (auteur)

  1. […] AccueilInterview de Linda Saint Jalmes (auteur)Qui suis-je?Projet en cours [Demi-fée]Chapitre 1Les personnagesAintza Katinka Saedïn, fille d’Anca (l’héroïne)Navid Yasha PendregExtraitsChapitre 1 – ouverture du romanGuides d’écritureLa Méthode du Flocon de NeigeLa méthode des 7 phrasesLe “World Quizz”Fiche de personnageFiche racePour écrire en bon français!Guide d’auto-éditionInterview de Sabine Barbier (correctrice)Quelques pistes pour les synopsisSystème français, système américain: faites la différence!Pour les quatrièmes de couv’…Ce qu’il faut savoir sur le système éditorialTextesPrisonChapitre 1Chapitre 2Chapitre 3Chapitre 4Chapitre 5Fantasy…???CacahuèteEnvies de meurtreHommeLamesMazePrécoce et TartareSensitiveTalyhScience-fictionAvenirCensuratPsychoLes AutresAliceCédricCypriDanielNémésisPilipPrisciTiffanyVinceQuelques vers… Plus ou moins poétiques!AdanPour vous, les hommes! ;)PromesseWillGrand n’importe quoi…Quelques livres…“Le vieil homme et la guerre”, par John Scalzi“Rien que l’acier”, par Richard Morgan Bookmark the permalink. […]

  2. CADET dit :

    Les questions sont adroites.Elles obtiennent le résultat voulu : connaître le parcours d’une écrivaine qui a réussi en s’autoéditant.Elle nous apprend les difficultés de cette démarche, insiste sur le rôle essentiel du correcteur et prodigue des conseils très utiles à ceux qui vont passer par là.

  3. Je relève dans cette interview le prix indiqué pour une correction. Si je gagnais 1 500 ou 2 000 par contrat, je pense que je ne travaillerais pas 20 h par jour, ni pour plusieurs auteurs en même temps… un par mois me suffirait ! Non soyons sérieux, ces prix sont exorbitants et malhonnêtes suivant ma conception du métier.
    Sinon, bravo à cette auteure qui a su tirer son épingle de l’autoédition. Oui c’est possible…

  4. Jo Ann v. dit :

    Je suis d’accord avec toi, Sabine.
    1 500 €, c’est un sacré pavé ! En traduction, oui, les prix sont de ce genre, mais en correction ? :-/

  5. Bonjour, et merci pour vos commentaires. Juste un retour sur les prix corrections, ils sont tels qu’on me les a demandés.
    À titre d’information, je voulais faire traduire en anglais les deux premiers tomes… c’est entre 15 000 et 20 000 €… j’en suis tombée sur les fesses… si je puis m’exprimer ainsi et bien évidemment, j’ai laissé tomber.

    Oui, il y a de l’abus, énormément. Heureusement, les correcteurs et traducteurs n’appliquent pas tous ces prix exorbitants. Mais pourtant, ce sont des prix très répandus 😦

  6. Interview très intéressante, merci Alice !

  7. Bonjour Jo Ann

    Alors, nombre de mots : 151327
    Nombre de caractères : 870331

    J’ai réussi à réduire la pagination à 348, mais c’est un roman qui devrait être édité à 500 pages.

    Dans un contrat d’éditeur que l’on m’a proposé il y a peu, il était mentionné 500 pages pour 25 € de vente au public !

    J’ai refusé. Même en auto-édition, le prix de 23€ est pour moi excessif. Tout en restant humble dans le pourcentage que je m’accorde, 21€90 vont à la plateforme d’édition.

    Mais derrière, je suis diffusée par la SODIS de Gallimard, label qui m’ouvre toutes les portes, même celles des petites librairies.

    • Jo Ann v. dit :

      C’était donc mon premier choix, le pavé. 🙂
      N’empêche, j’ai rapidement fait le calcul chez moi, ça ne fait pas 1 500 €.
      Et j’imagine qu’à partir d’un certain seuil, on puisse faire un tarif dégressif ?

      • Ça, je ne sais pas. Personne ne m’a proposé (à l’époque) de faire un prix. Je suis par contre très heureuse d’avoir trouvé une personne de confiance qui est une pro et ne me ruine pas 🙂

  8. Je suis une gourmande et mon budget livres est important, mais quand un ouvrage dépasse les 20 euros, j’y regarde à deux fois, c’est vrai. Maintenant, je tiens compte de l’épaisseur du livre… Concernant les traductions, j’ai moi aussi été abasourdie par les tarifs : 0.15 euro le mot dans le meilleur des cas… Autant dire tout de suite que pratiquement aucun auteur en autoédition ne peut se le permettre ! Enfin, j’ai eu récemment un manuscrit d’un million de caractères et je peux vous assurer que je n’ai pas facturé 1 500 euros.

    • Alice dit :

      Mon propre budget va sans doute un peu augmenter (nouveau travail mieux payé) mais jusque-là, il était rare que je mette 20€ dans un livre, du moins en ce qui concerne les livres de grands éditeurs. Je préfère attendre le format poche, moins beau mais tellement plus avantageux! Je suis un peu plus indulgente pour les livres autoédités et de petits éditeurs car je connais les contraintes.

    • Mdr ! J’aurais dû vous rencontrer à l’époque ! !
      Où étiez-vous quand je faisais mes recherches ?

  9. Je crois que j’étais dans mon bureau… Vos propos soulignent bien le fait qu’il faut demander plusieurs devis en s’attachant à la qualité bien sûr.

    • C’est ce que j’ai fait. J’ai eu 9 devis, et tous dépassaient les 1000 à 1500 € 😦 Mais bon, mon ange veillait encore une fois sur moi et m’a envoyé la bonne personne.
      Je crois sincèrement (avec le recul) que des chemins doivent se croiser, si on les manque, on peut rater le coche.
      Maintenant, ma correctrice et moi formons un beau duo. Nous nous connaissons très bien et elle sait où trouver mes fautes et coquilles.

  10. La relation auteur-correcteur est extrêmement importante, d’elle dépendra le résultat ! Je suis heureuse que vous ayez trouvé votre correctrice…

  11. Bien des binômes se sont formés en trois années d’exercice et pour l’instant, pas de procédure de divorce en cours ! Rires… Bonne journée Linda

  12. Salut Alice,

    J’ai créé un sujet sur le forum Atramenta qui met en exergue ton interview, j’espère que ça ne te dérange pas ?

    C’est ici :

    http://www.atramenta.net/forum/sujet1095-page1.html#post24436

    Bonne fin de journée !

  13. […] de personnageFiche racePour écrire en bon français!Guide d’auto-éditionInterview de Linda Saint Jalmes (auteur)Interview de Sabine Barbier (correctrice)Quelques pistes pour les synopsisSystème […]

  14. Cécile Ama COURTOIS dit :

    Plein de renseignements très intéressants dans cet interview réussie !
    Je retiendrai une chose : tu es à moitié alsacienne ??? Ah, nous voilà presque voisines dans ce cas, ça me réchauffe le coeur !!
    Pour le reste, en tant que « peut-être, j’espère » future auteure, l’auto-édition me fait peur, un peu comme le bord du pont avant le saut à l’élastique, alors que l’idée de plaire à un éditeur suffisamment pour qu’il me propose un contrat tendrait à me rassurer, au moins sur ma potentialité en tant qu’écrivain.
    Mais c’est probablement dû au fait que je n’ai pas encore osé me pencher réellement sur la question de l’édition.
    Ah oui, je voulais réagir sur autre chose que tu as dit, Linda. Demander à de parfaits inconnus de me lire m’a toujours valu des éloges, alors que ma famille et mes proches me « descendent » sans vergogne… qui faut-il croire ?

    • Et oui 🙂 🙂 à moitié alsacienne ! Copine !

      Il ne faut pas avoir peur de l’auto-édition, mais il ne faut pas s’engager auprès de n’importe quelle plate-forme.

      Je vais te citer celles que je mettrais d’office de côté : édilivre, thebookédition.

      Il y a les plate-formes où l’on stagne plus qu’autre chose, perdu dans la masse et pas très adaptées : lulu

      Et il y a une plate-forme en plein essor, diffusée par la SODIS de Gallimard… oui, tu as deviné : BoD.

      La peur, tu la rencontreras autant face à un éditeur que face à l’auto-édition.
      Si tu es bien préparée, que ton projet est propre, soigné, mis en page… qu’est-ce que tu perds à attendre des réponses qui seront pratiquement, et inévitablement, négatives ?
      Pourquoi ?
      Parce que nous sommes en période de crise, eh oui ! Les maisons d’éditions, les grandes, choisissent en majorité des poulains qui assureront une entrée financière. Bon, quelques auteurs sont sélectionnés ici et là, mais c’est aussi pour calmer l’esprit échauffé, tirer son épingle du jeu et garder le public dans sa poche.

      Je trouve que les petites maisons d’édition sont beaucoup plus courageuses, les auteurs sont vraiment lus, appréciés ou pas, ils ont une chance plus grande. Il faut absolument les soutenir, car elles sont la clef vers la publication pour nombre d’auteurs de l’ombre.

      Après, si ton manuscrit plaît aux lecteurs, que le succès est là, arrivera un moment où ce ne sera plus toi qui ira vers les maisons d’édition, mais elles qui viendront vers toi.
      La barre passera, et là… c’est une consécration.

      Pour la lecture, tu as de la chance que tes proches n’aient pas peur de dire ce qu’ils pensent ! 🙂 Cependant, ce n’est pas général.
      Beaucoup de proches auront peur de faire de la peine, hésiteront à dire où le bas blesse, et pour la plupart, ne s’y connaîtront pas dans les règles littéraires à appliquer.

      Faire lire à des inconnus, c’est la première école des avis, ceux qui te font grandir, serrer les dents, t’arracher les cheveux, mais qui te porteront toujours. Tous les avis ne sont pas non plus à prendre à la lettre, il faut piocher, faire le tri, et que le manuscrit ne perde pas ton « essence ». Nous mettons, en quelque sorte, notre âme entre les lignes, il serait faut de dire le contraire.

      Voilà, j’espère que mon petit blabla t’aidera à faire un choix, et surtout, à ne pas avoir peur ! Peur de quoi ? Qui n’essaye pas n’a rien !

      Et j’ai eu le plaisir de lire tes premiers chapitres ! Je suis déjà fan !

      Amitiés, tendresse, tout quoi 🙂

      Linda

  15. Cécile Ama Courtois dit :

    Merci, Linda, tu es adorable.
    Je pense ne pas être la seule à avoir peur du vide, peu confiance en moi, etc…
    Mais tu as raison, qui ne tente rien n’a rien, et je vais persévérer, d’abord dans l’écriture, puis (je croise les doigts) dans l’édition quand il sera temps.
    En attendant, je prendrai plaisir à te lire encore !

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