Pilip

Le jour n’est pas encore levé. Il ne le sera pas plus dans une heure, lorsque je quitterais la maison silencieuse.
Les cours m’attendent et je m’en vais rejoindre les jeunes cadres dynamiques dans le rer A bondé. Le couloirs de la Défense seront une fois de plus grouillants de monde, visages affairés en route vers des bureaux tous plus moroses les uns que les autres. Les salles de classe et les amphithéâtres nous accueilleront, nous, étudiants, et des docteurs ès ennui viendront nous apprendre comment occuper une journée grise dans un bureau morose.
En attendant, j’essaye d’oublier que la journée sera longue, que dehors le vent froid et mordant m’attend pour geler mes doigts et mes orteils. Je laisse l’eau brûlante emporter la dépression qui guette et les soucis omniprésents. Je pourrais rester des heures sous la douche.
J’oublie l’hiver qui glace, la pluie qui trempe, les bourrasques qui giflent. Je préfère le jet bouillant qui laisse des traînées rouges sur mon dos, mon ventre, mes cuisses; je préfère la buée qui trouble les miroirs de ma salle de bain; je préfère encore le shampooing qui mousse dans mes cheveux et me pique les yeux. Malheureusement « douche » n’est pas un motif valable, ni d’absence, ni de retard.
Je coupe l’eau à regret et m’enroule dans une immense serviette dont je ne voudrais plus quitter le moelleux. Mais il faut s’habiller, et quitter la maison pour sortir, dehors, dans le froid.
J’adore les douches bien chaudes lors des matins d’hiver…

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