Aujourd’hui, j’ai besoin de clarifier mes idées. Et comme rien n’est plus efficace pour cela que de faire un point compte-rendu, c’est ce à quoi je vais m’atteler. Et je le fais ici, parce qu’après tout, si j’ai un blog, c’est bien pour faire 36 15 raconte ta life, non?
Je me demandais donc pourquoi je n’arrivais jamais à finaliser un texte. Et puis je me suis dit qu’avant de finaliser, il fallait l’écrire, et que pour l’écrire, il fallait le construire. Et là vient la question cruciales: comment je construit mes textes, au juste? Ceci n’est pas du tout une question réthorique, je me la pose vraiment. Je n’ai pas la moindre idée de comment je m’organise. Donc revoyons ça ensemble:
D’abord, la pulsion. On en parlait il y a quelques temps avec mon amie Maureen (qui écrit mais qui reste discrète à ce sujet): pour moi, le premier mouvement d’un texte, c’est avant tout un besoin viscéral qui surgit, sortit de ma tête, mon cœur, mes tripes, que sais-je encore. C’est la traduction la plus primaire, la plus spontanée de mon état d’écrivain. Ma manière à moi de dire, comme Stephen King, que “tous ceux qui pratiquent leur art avec honnêteté persisteraient si leurs efforts n’étaient pas rétribués ; ils persisteraient face aux critiques, voir aux insultes ; menacés de mort ou de prison, ils ne renonceraient pas.” (Merci Julien pour la citation!)
Cette pulsion, c’est l’expression d’une partie de moi, qui ne répond ni à la logique ni à un quelconque sens du spectacle. Ça sort, point barre.
Des pulsions dans ce genre, j’en ai eu plein. Ça a donné des textes plus ou moins longs, plus ou moins intéressants. J’en ai jetés plein, qui étaient sans intérêt et que je ne comptait pas poursuivre. J’ai essayé d’en poursuivre plein, que j’ai finalement abandonné.
Alors pour ceux que j’ai réellement poursuivis – tels que Prison ou Demi-fée -, même s’ils sont en stand-by, quelle est l’étape suivante?
Je dirais que je poursuis deux chose en parallèle: le développement de mes personnages – via les fiches dédiées – et celui de l’univers dans lequel se déroule l’action – grâce au fabuleux World Quizz.
Les deux se déroulent en parallèle car ils interagissent: les personnages, leur vie, leur caractère, leur aspect physique, sont influencés par le monde dans lequel ils vivent. Toutefois, il arrive que je crée un personnage en tenant à certaines de ses particularités, auquel cas c’est le monde qu’il faut adapter au personnage… Et c’est loin d’être une mince affaire. Cette étape est de la plus haute importance car elle conditionne tout le travail d’écriture qui va suivre. Une fois que j’ai créé mon univers et que j’en ai fixé les règles, je suis obligée de les suivre, sous peine d’écrire un récit décousu et dénué d’intérêt.
En parallèle, je continue généralement à écrire. C’est une manière pour moi de garder l’impulsion première, de développer ce qui existe déjà, y compris mes personnages. généralement, ils ont déjà une personnalité bien à eux, il suffit juste que ej la découvre… Et cela passe par l’écriture.
En parallèle, le fait de remplir le World Quizz m’amène à créer tout un tas de documents annexes qui me servent de repères. Ainsi, pour demi-fée, j’ai créé un calendrier, un certain nombre d’arbres généalogiques, des comptes mythologiques, j’ai organisé la société en castes, j’ai créé un système monétaire…
Au fur et à mesure que je crée de nouveaux éléments, je les incorpore au récit, que je ne cesse jamais réellement d’écrire. Ils m’aident à faire avancer l’action et à enrichir l’univers que le lecteur découvre, et donc à pousser l’histoire en avant.
Quand j’en ressens le besoin – ce qui m’arrive périodiquement – j’arrête d’écrire et je relis l’intégralité de mon texte tout en le corrigeant. J’y apporte les corrections grammaticales et orthographiques nécessaires, je retravaille ce qui est bancal, tout en tenant compte des remarques de mes bêtas-lecteurs et des éléments nouveaux que j’ai pu apporter – et que j’ai moi-même découverts! – au fur et à mesure du développement du récit/de l’univers.
Au final, je me rends compte que contrairement à certains auteurs de ma connaissance (je pense notamment à Jo Ann) qui sont organisés à l’extrême (mais comment faites-vous?!) et qui pensent chaque élément de leur récit à l’avance, en ce qui me concerne, cela reste très spontané. Je n’imagine pas de dissocier l’écriture à proprement parler et la préparation que cela nécessite, pour moi, ces deux éléments se nourrissent l’un de l’autre et doivent rester étroitement liés si je veux rester productive…